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Le blog philosophique de francois CHARLES

SANTE ET RURALITE

21 Avril 2012 , Rédigé par francoischarles Publié dans #territoires de Cote d'or

Pour se rapprocher d’autres organisations telles celle de la gendarmerie, on peut définir le monde rural comme la population vivant dans les villes de moins de 20 000 habitants sans lien obligé à l’agriculture.

 

Cela me rappelle soudainement que dans le Val d’Oise, où j’ai repris la politique, j’habitais une ville de 22 000 habitants toujours sous couvert de gendarmerie car la population avait été multipliée par 10 en 10 ans à cause de la création de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise toute proche, sortie des champs à 30 km de Paris ! Toutes les infrastructures avaient suivi et la population est pour l’instant plutôt jeune sur ce type de « ville nouvelle ».

 

Cela n’est pas prévu en Cote d’or et notamment dans l’Auxois, le Montbardois et le Châtillonais qui conservent leur maillage de petits villages et de villes de 5000 habitants, avec une qualité de service et une population vieillissantes.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie et management

Animateur politique et territorial

 

Cette base de travail a été élaborée avec des retours d’expérience des autorités de santé et certains contacts professionnels  sur le territoire.  

 

S’il convient d’aborder à part le système de santé en général, il est intéressant de traiter du lien santé et ruralité en particulier avec ses forces, ses faiblesses mais aussi ses réalités et ses objectifs non atteignables de la même façon qu’en ville. Comme j’avais pu le démontrer pour le coût puis l’optimisation d’intervention d’un camion de pompier, il en est de même possible avec la santé en posant toutes les réalités et en rebâtissant une vision globale et un modèle économique performant sans forcément injecter plus d’argent, en fait faire mieux avec autant. Enfin, s’il est toujours plus judicieux et durable de donner envie plutôt qu’imposer, cela représente souvent un coût qu’il faut couvrir ou partager avec responsabilité.

 

Pour parler santé en ruralité, il convient d’aborder les mêmes réalités multiples en étoile avec une vraie vision globale qu’en ville mais avec des curseurs positionnés différemment en fonction des caractères spécifiques des territoires.

 

Vivre à la compagne représente une certaine qualité et hygiène de vie. Je vous avouerai que je suis beaucoup moins malade depuis que je suis revenu en Cote d’Or et tant mieux étant donné la pénurie de médecins en campagne. Pourtant il en rentre autant qu’il n’en sort mais surtout des femmes dont certaines s’arrêtent vite de travailler (10%). Pénurie enfin pour des aspects pratiques familiaux dus aux absences possibles d’écoles, de commerces et même de maisons à acheter ou rénover. Il ne s’agit pas de problèmes de revenus car les médecins en place vous le diront : leurs agendas sont plus que remplis ! Une solution a déjà été trouvée de  rémunérer des internes encore en études afin de combler les lieux dépourvus. Doit-on passer par une orientation obligatoire avec un quota à la sortie d’études comme dans les grandes écoles ? Doit-on passer par un relais des pharmaciens  même si ces derniers ont un rôle de conseil trop peu utilisé. Ne pourrait-on pas  réguler les postes en ville pour les répartir à la campagne avec incitation et prise en charge par le Conseil Général de certaines dépenses liées au déplacement (cf carburant, article sur les transports) ou de baisse de l’Impôt sur le Revenu déjà réalisé ? Infirmiers et infirmières, qui disposent d’un Ordre depuis 2006,  pourraient également travailler sur plusieurs sites et/ou obtenir des indemnités kilométriques plus grandes financées par les gains probables trouvés en remplacement des taxis, destinés au tourisme et aux affaires, par des navettes de bus.

 Le recrutement en Europe est une solution si une vraie approche globale est réalisée, comme dans un recrutement responsable, pour une bonne prise de la greffe.

 

Les Maisons de santé germent peu à peu. Comme les gendarmeries, il devrait en exister une par canton et non forcément dans la ville principale. Pluridisciplinaires, elles accueillent la population mais doivent aussi permettre aux médecins de s’organiser pour se rendre à l’intérieur des campagnes en prévenant la population de leur passage. Des réunions d’échanges de bonnes pratiques et de retour d’expérience doivent s’instaurer dans les départements pour optimiser leur fonctionnement mais également leur démarrage notamment sur les conditions et les critères d’intégration matérielles, professionnelles et financières.

 

Il parait désormais judicieux que les hôpitaux  ne soient pas forcément en ville, comme à Tournus, afin de faciliter l’accès, disposer d’une certaine tranquillité et d’une certaine qualité de vie ainsi qu’assurer un lien rural. Les Urgences doivent être maintenues dans un certain rayon d’action, comme les interventions de pompier ou de gendarmerie, d’autant plus justifié à Montbard avec ses usines. Mais s’il parait responsable de bien gérer ces hôpitaux, et de ne pas dépenser sans compter, il convient de ne pas mettre les mêmes ratios de rentabilité en ruralité qu’en ville majeure.

 

L’implantation de Pôles d’excellence rurale, en partenariat public privé, dans le domaine industriel, de l’énergie, etc  sans relation forcée avec l’agriculture, est aussi un moyen de créer une légitimité en matière de services médicaux sans forcément créer de villes nouvelles moyennes ou importantes comme Cergy-Pontoise.

 

La distance, mieux perçue en ruralité, ne doit pas être un facteur de  cloisonnement. Certains progrès techniques peuvent casser l’isolement en général et médical en particulier. Il convient de développer les systèmes informatiques d’échanges de fichiers entre praticiens, comme je l’ai vu dès 2002 par l’initiative de quelques médecins. Il doit en être de même avec la télémédecine installée entre hôpitaux et maison médicales et même jusque chez l’habitant en tirant profit des fibres optiques des réseaux câblés, utilisés pour la téléphonie, la télévision et internet qui doit être une nécessité. Un regard sur les transports a toute sa justification pour venir consulter ou venir rencontrer les patients notamment en fonction de l’âge ou des accidents liés à l’activité avec, des systèmes de navettes médicales collectives.

Enfin, en terme de besoins et d’équipements, il convient de soigner à tout âge mais aussi de bien distinguer les cinq segments spécifiques nécessitant des moyens et contraintes spécifiques : jeunes enfants,  ados, adultes, 3e âge et enfin 4e âge.

 

La dépendance, que je connais bien, est aussi un problème lié à la ruralité du fait du problème d’isolement potentiel et dangereux des personnes âgées. Nous vivons plus longtemps, gagnant un trimestre de vie par an et la moitié des nouvelles nées seront potentiellement centenaires. On prévoit 1,2 millions de personnes dépendantes à 85 ans en 2040 avec en plus une augmentation des cas de maladie d’Alzheimer sur laquelle certaines études ont été lancées. Quand on connait le coût d’une maison de retraite médicalisée bien supérieur au niveau moyen des retraites, il y a donc une population qui coûtera plus cher avec un besoin de matériels sophistiqués et des personnels plus nombreux. Comme pour la retraite, il est urgent de généraliser les cotisations personnelles sur des contrats d’assurance mais également de prévoir un financement par répartition pour que la vieillesse ne soit pas un fardeau.

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