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Le blog philosophique de francois CHARLES

Industrie et entreprises

21 Février 2013 , Rédigé par francoischarles Publié dans #mon programme politique

 

voici le début du tome 2

 

Moi Président… je ne créerai pas de ministère spécifique pour les PME car elles sont majoritaires. Il faut renverser la démarche et mettre aussi l’accent sur les grappes d’entreprise avec la création d’emplois administratifs et commerciaux financièrement mutualisés. La création simplifiée d’entreprise est déjà acquise mais peut sans doute être optimisée.

Le fait que des ministres aient besoin de prendre leur téléphone en se transformant en gestionnaire de crise et leader de processus, et non plus en porteur de sens, démontre un sempiternel manque d’efficacité ou de vision, voire de dysfonctionnement assourdissant des ministères, des chambres de commerce et des régions, qui pourraient « penser autrement pour agir autrement » avec un certain décloisonnement national. Cela démontre également un manque de lien permanent, sauf en cas de besoin, entre l’entreprise, les collectivités et l’Etat. Et ne venez pas me dire que cela marche ! Lors des Etats généraux de l’export en Bourgogne, j’avais l’impression d’être à l’âge de pierre ! Je pensais que l’intelligence économique était passée par là. Heureusement il existe un site dédié et semble-t-il un portail unique... Je fonctionne sur trois régions et il est parfois intéressant de constater la différence de fonctionnement et même de services proposés, avec souvent des noms différents pour un même service comme par exemple le chèque initiative d’un coté et la PTR de l’autre. Même chez Oseo, il existe parfois des écarts.

En période de crise, l’Etat peut demander de travailler « dans l’intérêt général », sans profit à court terme mais avec prime de compensation pour les entreprises qui auront accepté le pacte. D’autres peuvent aussi être récompensées à terme si elles acceptent de supporter la titrisation d’une partie des dettes existantes ou futures de l’Etat ou des collectivités. Il peut être bienvenu d’inciter l’Etat, comme les collectivités, à intervenir temporairement en capital pour reprendre ou créer des entreprises dans les zones économiquement faibles mais avec dégagement programmé laissant le temps aux structures privées de prendre le relais. Le rôle de l’Etat est de créer les conditions favorables. Soutenir ou investir « 1 » à long terme équivaut à investir 10 à moyen terme et 100 à court terme. Le calcul est vite fait, encore faut-il s’en donner la vision.

Nous devons trouver une solution pour la presse écrite diffusée en journal qui contribue à la vitalité des territoires et des campagnes pour une majorité de personnes encore habituée au « papier ». Ses réalités sont différentes de celle des grands quotidiens qui sont de plus en plus lus en numérique de part l’identité de leurs lecteurs. Regardons comment s’en sortent nos voisins. La presse doit-elle être entièrement couverte par la publicité, financée en partie par les collectivités « territoriales » ? Nos grands quotidiens régionaux semblent s’en sortir en regroupant les structures.

En politique générale, j’enseigne que l’objectif d’une politique est d’établir « une règle de conduite décidée pour une certaine période de temps en vue d’atteindre certains objectifs généraux ». Elle se rapproche de la stratégie qui pose les questions quoi ? pourquoi ? et quand ? Elle est une « orientation fondée sur la base d’une analyse multicritères visant à atteindre, ou non, de façon déterminante et à long terme, un certain positionnement contre certains adversaires avec un impact sur les activités et structures de l’organisation »

Cette politique générale, qui doit donner une vision, un cap, peut être libérale et sociale dans le sens où elle doit définir le cadre de travail mais ensuite inviter les entreprises à y venir travailler à livres ouverts, à couts objectifs, avec bonus et malus sans oublier les composantes humaines et certaines réalités. C’est de cette façon que nous avons réussi certains projets. Libéral ne veut pas forcément dire laisser faire.

Des fonds sont créés pour aider les PME, comme la Corée le faisait longtemps avant nous. Il manque souvent les bons projets ou le courage de prendre certains risques. Je pense que l’Etat doit prendre certaines prises de participation dans les industries ou sociétés de service identifiées et prendre une place de codécision en respectant la prise en compte des réalités de la concurrence et de l’entreprise. Je soutiens également la possibilité, par les régions et comme c’est déjà le cas, d’intervenir en haut de bilan d’entreprises stratégiques à préserver ainsi que la création de fonds régionaux.

Par expérience, certaines entreprises bénéficient ou se sentent prisonnières, en fonction des dossiers, de la tutelle ministérielle notamment dans l’armement et dans le transport aérien. Dans le premier cas, le vrai contrôle réside dans l’interdiction d’exporter. Même majoritaire, l’Etat ne tient pas à s’investir et remplacer le rôle de l’industriel et traite de dossiers au cas par cas au bon vouloir et derrière la puissance de ce dernier. Ceci n’est pas acceptable. Les fonctionnaires nommés en conseil d’administration diront peut-être le contraire et leur compétences limitées du fonctionnement des entreprises y est sans doute aussi pour quelque chose.

S’agissant du domaine automobile, par connaissance des marchés et réalités internationales, je respecte la décision du président de Renault de fabriquer à l’étranger tout en conservant certains organes clés de valeur ajoutée en France comme les batteries et les boîtes de vitesses ou les moteurs. Mais toute mondialisation par ailleurs, je considère aussi que l’espace européen est certainement suffisamment étendu pour trouver d’autres solutions en utilisant aussi les avantages multi-facettes de l’Europe sociale qui font que certains salaires sont encore moins chargés dans certains pays. Une fabrication en Europe sauve une certaine logique avec des coûts du travail moindres encore au Portugal ou dans les pays de l’Est mais sans soute plus pour longtemps grâce à la volonté de nivellement de la Commission européenne. La LOGAN, qui était destinée pour les marchés extérieurs, a créé un vrai bouleversement inattendu du marché français de la petite voiture quand elle a été exposée et que tout le monde l’a désirée en montrant que la demande existait sur ce créneau. Et pourquoi est-elle donc commercialisée sous la marque Renault en dehors de nos frontières ? Elle a eu le mérite d’assainir le parc français en voyant revenir des voitures de 500 000 km et de montrer que certains français ne voulaient qu’une « voiture », un peu comme on achète un téléphone pour uniquement « téléphoner ». On a l’impression de se retrouver comme quand on a créé la biscotte, par hasard ! Je me permets de parler de Renault car l’Etat est actionnaire et que l’on paie assez cher certains spécialistes en « marketing ». Que le patron de Renault-Nissan n’oublie pas non plus que la gestion de projet à coût objectif de la Twingo est restée un modèle et que maître d’œuvre et sous-traitants peuvent travailler ensemble, ces derniers pouvant eux-mêmes aller chercher d’autres solutions. Une stratégie européenne peut aussi exister entre constructeurs.

Il est agréable de constater que des industriels relocalisent en Europe ou en France leurs productions à cause d’une hausse des salaires en Chine et de l’approche globale des couts, notamment logistiques. La présence de l’Etat en avances remboursables a été appréciable pour accompagner ces démarches salvatrices. Par contre, ancien spécialiste de l’Asie, je sais aussi qu’il est opportun que nous soyons associés au développement de ses propres produits.

Le statut de l’auto entrepreneur doit être libéré de charge au-delà du travail salarié et dans une limite de chiffre d’affaires pour éviter la concurrence avec les entreprises chargées. Un droit de regard étatique doit pouvoir être effectué sur le montant et la gestion des cotisations des travailleurs indépendants suite au mécontentement permanent face au RSI.

Les associations illégalement concurrentes de sociétés de services, sauf si associations de séniors « post 50 » devront être détectées et sanctionnées.

Il convient de tirer profit des initiatives européennes du Small Business Act pour l’installer dans nos régions. Nous en parlons en Bourgogne depuis longtemps et Christian Estrosi vient d’en sortir une version à la Métropole Nice Cote d’Azur.

La robotisation dans les PME apparait comme un enjeu majeur sur lequel il faut communiquer pour une plus grande compétitivité sans tuer l’emploi et au contraire le développer. L’ouverture contractuelle de certains moyens industriels étatiques, récemment obtenue au profit de PME qui en auraient besoin pour éviter un investissement et pour optimiser l’utilisation de ces moyens, doit être désormais mise en chantier.

Il est temps de développer un secrétariat à l’Intelligence Economique pour améliorer l’approche transverse, la protection, la veille, la valorisation et la communication de nos compétences.

Réinstallons une vraie politique industrielle comme nous l’avons vécue avec le Général de Gaulle, et comme continue à le faire le Japon, mais avec cette fois des réalités européennes. Une vraie politique  industrielle signifie une stratégie partagée entre niveaux industriels, dans une approche de filière, non uniquement à cause d’un système d’information ou d’une normalisation commune, mais pour une anticipation des besoins, des investissements, des carnets de commande pour éviter que certains sous-traitants n’aient affaire uniquement à des « acheteurs ». Attention en cela aux discours de certains dirigeants de grands groupes qui ne correspondent pas à la réalité du terrain. Une politique industrielle signifie identifier des domaines stratégiques et entreprises identifiées qui mériteront un regard plus attentif que les autres. Une politique industrielle n’est pas que financière, même si sauver une usine, c’est aussi trouver une solution financière. Il s’agit de revoir la base de la stratégie commerciale et industrielle, ainsi que l’organisation. Parfois les sociétés de capital risque sont de vrais acteurs de politique industrielle car ils préservent, pendant une certaine durée, des joyaux qu’ils ont vus comme stratégiques et porteurs, en espérant que cette fois la fée « repreneur » se penchera enfin sur leur berceau quand ils se retireront. Une politique industrielle signifie des prises de participation dans les groupes ou entreprises jugés stratégiques pour nos intérêts vitaux ou signifie opérer une vraie force de tutelle pour avoir un mot à dire même si le dirigeant ou l’actionnaire majoritaire veut abandonner ou en faire à sa tête, refusant tout contrôle parfois nécessaire, alors même que l’Etat est propriétaire à 97%.

Une politique industrielle signifie un portage qui ne fonctionne absolument pas aujourd’hui au niveau national entre les entreprises de taille différente et une veille sur la continuité des liens avec les PME nationales dans le cadre des marchés exports et notamment de haute technologie. Qui ne s’est pas encore cassé les dents sur ce problème ? La solution serait peut être une imbrication franco-allemande de nos entreprises pour profiter de leur approche. En cas de nécessité, nous devons privilégier les délocalisations européennes plutôt que lointaines et l’environnement européen ne doit plus être considéré comme de l’export. Une politique industrielle signifie savoir mettre les PME sous « couveuse » en incubateur sous l’ombrelle des groupes également  sur la recherche.

Une politique industrielle passe par la capacité à donner l’exemple et agir avec force et vision pour l’emploi des fonds publics. Quand on voit les résultats souvent sans aboutissements des alertes courageuses de la Cour des Comptes, comment pouvons-nous aborder une politique industrielle  et une politique tout court ! Et que dire des autres domaines comme par exemple la politique sociale, de santé et des transports que j’aborderai dans un autre article. Une politique industrielle signifie une vraie définition, un pilotage et un suivi courageux des objectifs avec recadrages potentiels.

Une politique industrielle signifie d’établir une optimisation financières et qualitative des initiatives de recherche nationales, régionales, transrégionales, et la stabilisation voire la réduction des pôles de compétitivité. Je salue en passant la réduction du nombre de bases de défense dans un souci d’optimisation industrielle et opérationnelle.

Une politique industrielle peut être régionale, dans une dynamique nationale mais dans des réalités et une vision européenne. Il faut éviter de faire « des coups » en développant plutôt une stratégie et un pilotage avec des objectifs précis, mesurables, réalisables et déterminés dans le temps. Il ne s’agit pas d’établir in fine un état des actions avec comptabilisation des sommes investies. L’Etat et les collectivités doivent apprendre aussi à ne plus fonctionner par la subvention mais davantage par l’avance remboursable qui responsabilise et qui permet aussi de mieux prêter en justifiant certaines actions. Les retours d’expérience régionaux comme par exemple Alizée dans le domaine administratif, doivent être partagés au niveau national pour une optimisation des  actions en considérant que la concurrence entre régions doit se faire au niveau européen et non pas au niveau national.

Je profite de cette occasion pour réaffirmer ma vision de transformer la maintenance aéronautique militaire française en établissement public ou société nationale pour une meilleure responsabilisation, transparence des coûts, et efficacité en partenariat naturel ou forcé avec les entreprises privées du secteur. Et pourquoi pas une politique industrielle européenne intérieure cohérente avec sa politique extérieure ? Elle passerait par une vraie segmentation du travail comme celle d’Airbus avec des savoir-faire complémentaires, certes difficile à faire dans le domaine de la haute technologie, chacun voulant tirer la couverture à soit de par la valeur ajoutée qu’elle représente ; elle passerait par une révision de la vision de la concurrence et une protection des savoir-faire dans un Buy European Act, comme le Buy Americacn Act, privilégiant les achats européens sans interdire les autres. Cette protection commune limiterait certainement de facto la surveillance et la limitation de l’intervention des Etats de façon souveraine pour ne pas fausser la concurrence. Enfin, une vraie politique industrielle européenne trouverait sa voie au sein des affaires de défense de l’OTAN, véritable lien d’échange en dehors des processus traditionnels de l’Union et vecteur d’intégration européenne. Il faut développer une vraie méthodologie d’aide des PME pour la réponse aux appels d’offre européens afin que ceux-ci deviennent une normalité. Ceci peut être le rôle du Point de contact national.

Les commerçants participent à la vitalité rurale et au marketing territorial et les grandes enseignes en ont bien pris conscience en s’adaptant par segmentation, comme par exemple les fleuristes ou les chaines de supermarchés. Les sempiternels sujets qui remontent lors des visites de commerçants sont les contournements de villes et les grandes surfaces. Je répondrai que le choix d’un emplacement se décide murement et que les élus comme les services de l’Etat doivent en prendre aussi conscience. Les grandes surfaces font peur mais sont de vraies pépinières d’entreprises qui ne manquent pas de clients. Il y a un problème de dépendance et de responsabilisation que je pourrais décrire en management. Et pour résumer, j’apprécie plus un commerçant qui me missionne pour trouver un partenaire ou un repreneur que celui qui me paiera si j’en rapporte un et qui vous blâme si vous ne lui présentez personne. Il y a aussi un décalage entre entendre les commerçants qui grognent qu’ils manquent de clients et entendre qu’ils n’acceptent pas de prévoir des horaires adaptés à la clientèle. Enfin, pour faire face à la fermeture des commerces dans les banlieues, il semble que les meilleures solutions consistent à favoriser leur reprise par  des personnes intégrées, vivant proche des cités et comprenant les règles locales permettant de vire en interdépendance au bénéfice de tous. C’est aussi une solution de responsabilisation.

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