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Le blog philosophique de francois CHARLES

Economie & Finances

12 Février 2013 , Rédigé par francoischarles Publié dans #mon programme politique

 

je tenais à vous faire découvrir la partie "économie" de mon programme

 

Faire des économies budgétaires, ce n’est pas forcément s’arrêter de créer des effets de levier financier avec retours sur investissement. L’industrie n’est plus la seule création de valeur et de richesses et je ne vois pas pourquoi rattacher l’industrie aux finances dans un ministère. La taxation des transactions financières identifiée depuis longtemps est enfin mise en œuvre pour décourager les spéculations qui peuvent mettre en péril nos économies et nos entreprises en une seule journée sans logique économique mais par simples enrichissements et par transactions. Le monde de la finance n’est vraiment connu que par un petit nombre de personnes et j’ai eu la chance de m’y engouffrer lors des opérations de rapprochements d’entreprises, des opérations d’ingénierie financières sur les contrats internationaux ainsi que pendant ma période passée chez Arthur Andersen à auditer les marchés organisés d’une grande banque. Nous devons revenir à une séparation des banques de dépôt et d’affaires pour cloisonner les risques, comme avant. Cette disposition avait été prise suite à la crise de 1929 et abandonnée devant l’embellie libérale, le lobbying et le forcing d’un groupe bancaire qui a rouvert la brèche. Même si l’euro est fort, nous savons tous que les économies sont fragiles car surendettées et que si une grande économie tombe, elle entrainera toutes les autres en espérant que les nouvelles dispositions européennes tiendront, telles des digues. Je milite pour créer un emprunt d’Etat via une collecte d’assurance vie qui fera repartir cette dernière. Des fonds dédiés aux entreprises, notamment technologiques, comme anciennement les contrats DSK, pourront être encouragés et défiscalisables. Je ne suis pas favorable pour inscrire une règle d’or dans la constitution comme pour se donner bonne conscience sans forcément la respecter et comme si nous ne pouvions pas raisonner en bons gestionnaires. Regardons ce qu’ont su faire les Italiens sans avoir besoin de règle d’or. Il faut plutôt accroitre la responsabilisation, qui plus est des organismes d’Etat et des collectivités qui dépensent dans une course politique de surenchère, avec une veille sur les règles européennes qui doivent être appliquées aussi dans nos régions et départements.

La Loi Organique des Lois de Finance (LOLF), toujours incomprise dans sa logique décloisonnée, doit être mieux expliquée et mieux appliquée avec des exemples concrets sur la logique des grands programmes.

Les financements industriels peuvent être en interdépendance avec les fonds de pension et autres capital risque ou développement à implication et durée déterminée qui sont de vrais acteurs de politique industrielle car ces derniers n’investissement que sur éléments détectés rentables. Mais leur intervention ne doit pas faire croire que le dossier est classé, surtout dans les domaines jugés stratégiques, car ils partiront de façon programmée et logique après une certaine durée et il convient de ne pas les blâmer. Sachons aussi ne pas blâmer un industriel ou investisseur étranger, véritable chevalier blanc en l’absence de solutions françaises ou européennes quand il voudra partir.

En période de crise, nous pouvons et devons travailler avec le système de pacte, comme aux Etats-Unis mais aussi en Europe où ce terme est employé. C’est ce pacte qui a fonctionné en 1936 en France quand nous avons pris conscience d’un certain retard  dans l’armement. Les entreprises avaient accepté de travailler sans faire de profit et l’Etat avait accepté d’assouplir ses règles. Nous connaissons souvent ces dispositions dans l’armement et la défense, secteur budgétaire considéré comme une variable d’ajustement, impliquant choix et sacrifices. La France l’a également vécu après guerre dans l’union nationale et ceux qui se revendiquent du général de Gaulle doivent s’en rappeler. Dans cette période de crise, les entreprises doivent pouvoir travailler à coût objectif, à livres ouverts avec bonus et malus mais aussi comme créancières. L’Etat peut demander de travailler « dans l’intérêt général », sans profit court terme mais avec prime de compensation pour les entreprises qui auront accepté le pacte. D’autres peuvent aussi être récompensées à terme si elles acceptent de supporter la titrisation d’une partie des dettes existantes ou futures de l’Etat ou des collectivités.

Après avoir tenté, quand j’y travaillais, de faire sortir les Ateliers Industriels Aéronautiques du cadre administratifs pour les rendre plus performants, et les inclure dans un club européen de maintenance, j’ai réussi, 7 ans après, à obtenir qu’une partie de leurs outils industriels étatiques soit ouverte contractuellement aux PME qui en auraient besoin pour éviter un investissement, combler un plan de charge ou tester un développement. La gauche peut continuer sur cette lancée pour enfin faire germer le portage entre petites et grandes entreprises que nous déplorons tous les jours dans l’export et la recherche.

La banque des PME est une bonne initiative dans la continuité des actions déjà engagées mais complémentaire, car si elle existe en Europe avec la BEI et le FEI, en France la Caisse des dépôts ne fonctionnait pas pour les entreprises privées et OSEO ne faisait pas fonction de banque. Il s’agira aussi de prendre des risques et intervenir en haut de bilan. Les mici-dominici du redressement productif recensent les problématiques financières. C’est déjà une première étape mais il faut penser le changement plutôt que changer le pansement.  La gauche peut aller encore plus loin sur ce que la droite ne pouvait se permettre d’engager.

Il n’est pas forcément question de copier la spectaculaire croissance de l’URSS qui reposait sur une dynamique extensive de fabrication de biens de production, avec ses risques liés quant aux biens de consommation, mais plutôt se battre contre le chômage. L’Etat, comme les collectivités, peuvent intervenir en capital pour reprendre ou créer des entreprises dans les zones économiquement faibles mais avec dégagement programmé laissant le temps aux structures privées de prendre le relais. Avec un recensement efficace, le potentiel machine existe déjà, souvent inexploité voire inutilisé. Le potentiel humain existe aussi chez les jeunes souvent désœuvrés et les chômeurs qualifiés ou non, pouvant être encadrés et vite formés par les retraités. La production doit bien entendu correspondre à une demande. Pourquoi ne pas réfléchir à la réalisation de produits bon marché car peu techniques, fabriqués moins chers et rapidement avec une main d’œuvre en salaire limité sur une période donnée ? Mais pourquoi ne pas demander aussi aux grands donneurs d’ordres de faire travailler des ateliers français, comme Lejaby a su le faire ou d’autres dans le domaine du luxe ? Ce n’est pas forcément le rôle de l’Etat que de prendre en main la création d’entreprises, qu’elles soient EPIC, EPCST ou sociétés nationales ou quasi nationales mais il est mieux de payer des salaires que des allocations et nous avons su le faire dans le domaine industriel stratégique à la sortie de la guerre pour des entreprises qui sont maintenant privées. Les collectivités peuvent également intervenir en haut de bilan, ne l’oublions pas. Cette politique de haut de bilan national, même temporaire, est possible avec un gouvernement de gauche pour sauver ou relancer des emplois car c’est son identité. Bruxelles risque de s’émouvoir et ne pas aimer ces aides d’Etat déguisées mais si c’est bon pour la France et pour l’Europe fédérale afin d’augmenter la croissance et faire baisser la dette…

Enfin, il faut relancer le Commissariat au plan pour une vraie vision stratégique avec des contrats à 5 ans avec certains organismes sans pour autant retomber dans la planification d’après guerre, même si elle était nécessaire. L’exemple de l’INERIS, Etablissement public industriel et commercial (EPIC), fonctionnant mieux que certaines entreprises privées, est à prendre en compte.

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