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Le blog philosophique de francois CHARLES

A quels jeux joue donc Bachar El Assad ?

8 Septembre 2013 , Rédigé par francoischarles Publié dans #international

Dans mes précédents articles, j’abordais brièvement les traits psychologiques du dirigeant syrien. En complément, je vous propose d’en savoir davantage sur les jeux transactionnels qu’est en train d’engager Bachar El Assad et sur la réponse à lui donner car l’objectif n’est pas d’envoyer des bombes pour le plaisir. Une bonne négociation ou une prise de décision passe souvent par là.

 

Par François CHARLES

Conseil en stratégie et management, Président de l’IRCE

 

Des écoutes ont intercepté une faute intentionnelle de dépassement de la dose minimale par les troupes, apparemment non couvert par le pouvoir. Puis la Syrie autorise les visites mais des tireurs agissent depuis les toits ! Est-ce cohérent ? Peut on imaginer que les images soient une comédie et que les rebelles puissent tirer ensuite sur les voitures des inspecteurs ? Tout ceci est délicat mais ce ne sera pas la première fois que la désinformation fait son travail et que des actions sont déguisées et attribuées à l’ennemi, même en Europe et même, voire surtout, en politique (…).

 

Regardons du coté des jeux du transactionnaliste Eric Berne pour tenter d’éclairer cette crise. Attachons-nous à son dirigeant, non pas enfant libre mais adapté rebelle et soumis, travaillomane persévérant en phase promoteur. La question est : Bachar el Assad peut-il s’arrêter de jouer, pourquoi et comment ?

 

Imaginons Bachar El Assad comme victime (eh oui !) du jeu de l’alcoolique et non persécuteur. (pour le clin d’œil les Alaouites sont tolérants à l’alcool). Le persécuteur de Bachar est la rébélion, le médecin sauveteur peut être l’Européen qui détournera le problème par une implication sur le bassin méditerranéen tout en surveillant aussi les opposants afin de ne pas passer pour persécuteur lui-même. Le problème restera sans doute la poire, que joue V. Poutine qui assurera le cinquième rôle, celui du ravitailleur et qui risque d’amener Bachar El Assad à mourir d’une overdose. Berne nous dit que la différence entre le professionnel et l’amateur est que le premier sait quand s’arrêter. On peut l’aider en sensibilisant le ravitailleur ou en l’amenant à un autre jeu. Je vous laisse la conclusion.

 

Mais si l’alcoolique, comme le fumeur, ne parvient pas à s’arrêter, et même s’il joue à vous voyez comme j’ai essayé, il va aimer à  rester victime irresponsable de ses actes. Il continuera à faire des saletés comme dans le jeu de Schlemiel, terme yiddish, allié aux mots allemand et hollandais signifiant rusé, se trouvant ragaillardi de bien s’amuser à commettre ces méfaits qui lui seront surement pardonnés car c’est ce qu’il cherche. Alors que nous pouvions être favorables à son maintien, on voit ici qu’il faut donc le faire partir car il gagnera ou voudra gagner à chaque fois.

Le laisser faire avec sourire ou indifférence pourrait nous faire gagner par absence d’alimentation psychologique, sauf que cela renforcera sans doute l’allié russe, voire les Chinois, qui n’aiment pas être dérangés dans leurs actions internes et qui pourront croire qu’ils n’ont pas de soucis à se faire, comme avant.

 

Le président syrien joue aussi à une variante peu professionnelle et haineuse d’aux gendarmes et aux voleurs en cherchant une excuse pour décharger sa colère sur le réel problème qui est la majorité chiite qui cherche à le faire partir.  Il fait de plus remarquer l’incohérence juridique de la menace étasunienne conforté par V. Poutine qui pourra donc répondre également de façon incohérente confirmant bien que la Syrie n’est pas entrée en guerre contre les Etats-Unis et qu’une demande d’assistance de l’ONU n’est  donc pas valable, sorte de variante de Essaie un Peu de Récupérer ton Argent (EPRA). Il s’en prend de façon attendue aussi à la France, ancienne parente bienveillante dont il ne comprend pas la position.

 

 

Une solution, également à contre sens, consisterait à ce que le Conseil de sécurité de l’ONU charge V. Poutine de convoquer toutes les parties pour rétablir la sécurité dans ce pays, qui représente un risque sur la région et notamment sur l’Europe. Le ravitailleur serait pris à son jeu en acceptant d’être contrôlé lui-même pour ne plus servir à un certain point, voire aussi de ne plus inciter les autres à jouer à l’alcoolique quand il aura soif lui-même. Et s’il ne le fait pas, il risquera de passer  ravitailleur à persécuteur, ce qu’il ne souhaite pas.

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