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Le blog philosophique de francois CHARLES

MERCI CHARLIE POUR L'EUROPE

18 Janvier 2015 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

MERCI CHARLIE POUR L’EUROPE

Ce jour du 11 janvier 2015 ne fut pas comme les autres. Certes intégré dans une série de rassemblements, cet événement historique de prise de conscience citoyenne et politique fut grand pour la France mais aussi pour l’Europe et le monde, notamment aux Etats-Unis et en Russie, inquiets, impressionnés et emportés par cet élan émotionnel que l’on n’avait pas connu pour les uns depuis la libération, pour les autres depuis les événements de Pologne, voire l’enterrement de Jean-Paul II ou de Lady Diana. Il reste maintenant à en garder l’extrait de l’alambic pour aller de l’avant en veillant bien à ce que personne ne le brise.

 

Par François CHARLES

Conseil, coach et formateur en stratégie et management, ancien officier de l’armement, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

 

L’Europe s’est réunie avec de nombreux dirigeants pour réaffirmer son identité et ses valeurs. Elle a souvent besoin de thérapie collective contre un risque invisible quoique  sous-jacent. Le Premier ministre français a été applaudi debout par les députés en affirmant qu’il était légitime d’être fier d’être Français. Profitons de ce drame français pour progresser dans l’optique de notre fierté d’être Européens, unis dans la diversité avec nos propres identités et nos différences qui en font sa force. Et la France a su montrer une fois de plus qu’elle apportait quelque chose à l’Europe, qu’elle avait eu raison d’être présente au Mali, supportée matériellement par ses partenaires même s’ils n’envoyaient pas de troupes sur le terrain. Je préfère souvent dire quelle France pour l’Europe, pour mieux avancer, que l’inverse.

 

Le peuple et les 50 chefs d’Etats et de gouvernements n’étaient pas en colère pour la même chose Ils se sont retrouvés pour montrer leur solidarité, pour dire que les terroristes ne pourront être tranquilles dans un pays. Ils se sont réunis comme toutes les facettes d’un diamant, composante d’un même bijou. Nous retiendrons cette image émouvante et émotionnelle du couple franco-allemand, comme celle aussi des représentants du moyen orient réunis par la France et l’Europe. Nous remarquerons certaines présences sans doute opportunistes et étonnantes mais encore une fois, tout le monde n’était pas là pour la même chose.

 

On peut comprendre que tout le monde ne soit pas « Charlie » ni n’apprécie ces caricatures qui insultent même si c’est « pour rire ». Chacun ses lunettes. De même qu’il est délicat de comprendre sans juger le fait que certains jeunes qui ne veulent pas faire la minute de silence considérant qu’ils n’ont eu « que ce qu’ils le méritaient », oubliant les otages tués dans l’hyper Casher.

 

Certains étaient là pour la liberté d’expression (d’habitude face à un pouvoir), d’autres contre l’extrémisme, le terrorisme et pour un espace de paix et de sécurité contre désormais simultanément des risques diffus (le terrorisme masqué) et les menaces identifiées (un état dit islamique identifié géographiquement avec une armée). D’autres étaient là contre le racisme et l’antisémitisme, d’autres pour essayer d’être forts face à la terreur, d’autres pour la démocratie, la laïcité, pour la république (même si les monarchies européennes n’ont pas à rougir), d’autres pour avoir le droit de regarder dans les yeux ceux qui ne supportent pas le nôtre par suspicion ou haine. D’autres étaient en colère contre le fait d’utiliser les balles contre les opinions. D’autres étaient là pour réaffirmer les bases de notre espace de paix et de sécurité.

 

Pour autant l’Europe chrétienne ne doit pas tomber dans le piège de partir en croisade contre l’Islam, où veulent nous emmener ces terroristes qui font dans notre monde désormais civilisé ce qu’il est permis de faire dans le nouveau Khalifa, même si Dieu n’a jamais demandé de tuer et même si nous l’analysions peut-être autrement au temps révolu des croisades. Ne remarque-t-on pas des attitudes de plus en plus radicales et haineuses de la part des personnes qui s’estiment incomprises par le système et qui en recréent un autre à leur pensée en s’enfonçant dans le côté obscur de la force ? Ne s’agit-il pas d’une guerre de religion arrivée sur notre sol sans chercher l’alibi de la crise sociale et économique ? N’assiste-t-on pas à une impression que cette réaction n’a fait que renforcer le désir de frapper ? Qu’en est-il de cette Europe qui se veut forte sans comprendre les différences ? Ecoutons le pape qui nous donne encore la voie de la sagesse, comme je l’écrivais dans l’article « urbi et orbi pour l’Europe » : « s’exprimer librement est un droit fondamental mais n’autorise pas à insulter la foi d’autrui » (Le Point). Tout le monde n’aime pas l’Europe, tout le monde n’a pas la foi pour lui-même ni pour autrui. Il serait dommage que l’identité européenne naisse d’un tel constat. Il serait dommage qu’une bonne guerre réunisse tout le monde, et même la Russie.

 

Et maintenant ? Sur quels sujets et quels thèmes aller de l’avant ? Tout le monde est-il lié ? Nous avions vu Vladimir Poutine côtoyer certains chef d’Etat pour les fêtes du débarquement pour ensuite rappeler qu’il y avait eu plus de soldats russes tués, repris en coeur par les anti-étasuniens français, en oubliant les réalités de la technique russe de la boucherie et du rouleau compresseur. Mais il ne s’agit pas ici de régulation entre chefs d’états sauf peut être avec l’Etat islamique qu’il ne faut bien entendu pas reconnaître.

 

Le deuil est en cours. Le coup de théâtre plus ou moins attendu et le déni ont vite laissé place à la colère et désormais il est temps pour l’analyse et l’action. Ce drame français partagé au niveau européen appelle des mesures françaises qui doivent être partagées de la même façon pour la sécurité en Europe.

 

Tout en prenant en compte ce besoin d’identité, cette crise peut faire avancer notre gouvernance et placer enfin la sécurité et la défense dans les compétences exclusives régie par règlements comme dans tout système fédéral sans avoir peur de perdre son identité et en comprenant enfin qu’ensemble nous sommes plus forts si nous savons trouver une interdépendance.

 

Il est temps d’avoir une réponse cohérente de l’UE comme le réclament en partie le président du Conseil européen et le Premier ministre français (Les Echos 14 janv.), de renforcer les frontières Schengen mais aussi de l’intérieur, comme les cloisons de la coque d’un même bateau, de créer des quartiers à risques avec cloisonnement, d’accroître les échanges de fichiers des données sur les passagers comme ce l’est encore pas le cas voyant bien que l’aéronautique reste une compétence nationale avec les difficultés que cela crée aussi au niveau de Ciel Unique. Il est temps de renforcer  la coopération policière, instituer une DGSI européenne, instituer une force d’action rapide navale européenne en méditerranée, étendre l’académie européenne de gendarmerie, mieux formaliser les analyses de risque, ne pas baisser les actions de politique extérieure comme en Ukraine mais aussi en Lybie comme s’émeuvent le Premier ministre italien ainsi que la nouvelle représentante des affaires extérieures, d’origine italienne qui ont une légitimité historique pour en parler.

 

C’est le moment d’élargir le noyau dur du Conseil National de Sécurité, dont une identité européenne, de prendre en compte les outils d’efficacité de l’OTAN sans chercher à les dupliquer mais en sachant les intégrer avec une réelle interdépendance étasunienne qui semble être prête à coopérer non seulement à sens unique.

 

Enseigner les valeurs européennes de paix et de sécurité comme enseigner la pédagogie de la laïcité française, comme autrefois quand existait le service militaire, doit être considéré comme une opportunité de dialogue et de prise de conscience avant qu’il ne soit trop tard. Une majorité d’électeurs a voté Front National car lui seul sait les entendre comme dans d’autres pays. La radicalisation religieuse sait écouter et convertir des personnes calmes comme le volcan mais qui savent aussi exploser quand la goutte fait déborder le vase. A ce même titre, certains politiques ou responsables étatiques et administratifs nationaux et régionaux peuvent, par leur simple volonté de pouvoir sans écoute ni bienveillance, empêcher des actions de communication européenne au risque de radicaliser certains experts et certaines populations. Est-ce cela que nous voulons pour l’Europe dont la France et ses 27 partenaires ?

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CHARLIE et le rassemblement national

9 Janvier 2015 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique

Alors FN ou pas FN dans le recueillement national ? le PS semble s'y opposer. La nouvelle UMP semble ne pas y voir d'incompatibilité sans forcément en profiter pour montrer des signes de copinage. les militants excités de l'UMP diront-ils encore que la montée du FN a été favorisée par le PS ? Par ailleurs, j'aimerais bien que l'on n'oublie pas les actions de Dijon et d'ailleurs qui n'étaient pas des actes isolés comme on a bien voulu nous le faire croire pour ne pas alimenter la psychose, mais preuve que l'on aurait bien du et remettre donc les policiers à la rédaction de Charlie et non sur le trottoir.

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MES VOEUX EUROPEENS POUR 2015

1 Janvier 2015 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

 En ce premier janvier, où vous pourrez désormais découvrir la Lituanie et où nous pouvons désormais accueillir nos amis sans changer de monnaie, le conseil d'administration de l'IRCE se joint à moi pour vous souhaiter une merveilleuse année 2015 pleine de santé, de bonheur et de réussite pour vous, vos familles et vos proches ; Pour continuer sur cette image du diamant sur laquelle je communiquais l'an dernier, je souhaite pour l'Europe, que les idéalistes européens d'un seul moule comprennent la volonté d'identité réaliste et réalisable de chaque peuple qui apparaît souvent lors des élections ; Je souhaite que les idéalistes nationaux comprennent que ces peuples aspirent néanmoins à vivre ensemble dans un monde de paix mais surtout d'échanges économiques, et qu'ils sont prêts à profiter d'une certaine normalisation ; Je souhaite qu'élus et institutionnels trouvent le chemin de l'écoute et de la pédagogie avec une légitimité reconnue et je souhaite que les citoyens sceptiques s'intéressent aux institutions et à leurs actions de façon constructive ; Je souhaite que les dirigeants nationaux, comme les entreprises, comprennent la possible interdépendance entre les Etats dans les domaines clés et stratégiques, notamment sur l'énergie et la défense ; Je souhaite que nous comprenions que nous pouvons être plus forts ensemble au delà de la simple addition de km², d'habitants et de poids du PIB et je sais que certains diront de dettes ; Je souhaite que les pays les plus avancés comprennent pourquoi l'UE aide financièrement les pays rentrants afin de consolider nos économies mais qu'elle doit le faire avec mesure ; Je souhaite que les entreprises comprennent que l'UE a misé sur elles depuis longtemps pour la création de richesses notamment avec la recherche ; Je souhaite que les perfectionnistes et les libéraux comprennent que le système actuel peut être revu et corrigé en instituant notamment des groupes de cohérence de fonctionnement et qu'il est parfois important de consolider les acquis internes pour être plus forts avant toute nouvelle approche commerciale ; Je souhaite que nous n'ayons plus besoin de la Chine ni des Etats-Unis d'Amérique pour comprendre nos atouts économiques et nos armes commerciales, ni de la Russie, pourtant si proche et en grande partie européenne et qui n'a pas fait le deuil de l'échec apparent de sa grande Europe, pour parler d'une seule voix en terme de politique extérieure et de défense ; Je souhaite que les européens des capitales comprennent le rôle clé des régions pour tester et mettre en place certains projets notamment transverses et je souhaite aussi que les européens et les élus des régions comprennent le rôle souvent initiateurs et bienveillant des institutions ; Je souhaite que le modèle particulier engagé pour l'Europe sur le fond et la forme, d'une part fédéral dans son fonctionnement peut-être avec une subsidiarité non reconnue et sans avoir encore intégré les domaines traditionnels régaliens, et d'autre part confédéral dans sa politique générale, trouve ses marques et pourquoi pas dans un système d'Etats-nations ; Je souhaite que nous avancions ensemble à la fois dans un certain équilibre mais dans une nouvelle force motrice économique créatrice de richesses et une composante sociale créatrice d'épanouissement ; Je souhaite qu'une identité propre apparaisse pour que nous puissions dire que nous sommes fiers d'être européens, unis dans la diversité. François CHARLES Président de l'IRCE Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe 
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