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Le blog philosophique de francois CHARLES

COMMUNIQUE POST ELECTIONS REGIONALES

17 Décembre 2015 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique

L’Europe, comme généralement toute forme d’organisation, évolue souvent grâce aux crises internes et externes. Lors des élections régionales de dimanche en France, la “planche à secousse” du Front National (FN), républicain lui-même et sans doute à sa manière, a donné un nouveau coup de semonce sans encore prendre le pouvoir des régions. La majorité des votants français a préféré l’équilibre plutôt qu’une radicalisation, la confiance aux dirigeants actuels plutôt qu’une certaine aventure. Même les nationalistes corses, vainqueurs dans leur île, cette fois par les urnes plutôt que les armes « avec une conception ouverte de l’identité », ont empêché l’élection du FN, qu’ils rejètent sans forcément recevoir de signes de reconnaissance par l’Etat. Il n’est pas politiquement correct d’affirmer aujourd’hui que ce sont surtout les irruptions volcaniques qui ont souvent modifié le climat à l’heure d’une certaine mobilisation mondiale. Mais celles du FN en France pourraient peut-être définitivement changer l’environnement de la dynamique européenne et il n’est pas trop tard pour réagir et de penser le changement plutôt que changer le pansement car ce volcan là est contrôlable. La France a depuis longtemps connu des cycles nationalistes mais cette fois ce n’est plus le FN qui court derrière la gauche et la droite, avec des réserves de voix chez les abstentionnistes des deux côtés et avec un Front de gauche qui s’est déversé directement dans le Front national sans passer par le centre. Le muret, pour l’instant assez haut pour endiguer la vague bleue marine venant des campagnes, le sera-t-il la prochaine fois ? Il convient de s’en inquiéter car si ces mouvements existent et sont ou étaient au pouvoir dans d’autres pays plus ou moins forts et lointains même au sein de l’Europe, il s’agit cette fois d’un pays fondateur avec un poids important dont les électeurs ont, souvenons-nous, déjà rejeté le projet européen par référendum. Avait-il ou non le même objectif que le grec ou que le britannique qui est bien une réalité et qui pourrait donner envie à la Pologne et la Hongrie dont les électeurs et certains dirigeants ou représentants semblent avoir aussi oublié les apports de l’Europe. Tout comme les choix apololitiques italien et espagnol, ils démontrent des volontés de changement sans basculer encore dans une attitude asociale irréversible et un certain côté obscur de la force pour reprendre certaines actualités. Les mots de David Cameron d’une Europe « unie dans la diversité » se synchronisent à un slogan apprécié par la Commission européenne. Il convient donc de considérer tout ou partie de ces demandes comme légitimes dans cette diversité qui doit en faire sa force plutôt que ses points de division.

Contrairement à ceux qui pensent encore qu’il ne faut que changer la virgule, simplement mieux communiquer, voire faire taire certaines paroles ou parleurs, restons positifs en remerciant finalement ce vote de nous donner l’occasion et l’opportunité de travailler sur un nouveau projet européen optimisé, en recherchant ce qui est bon pour l’Europe comme pour chacun de ses membres. Peut-être aurions-nous du renforcer bien avant les frontières extérieures à la fois sécuritaires et économiques pour empêcher de trop voir apparaître ces membres internes, même s’il est concevable que les Etats-membres ne soient pas forcément obligés de fonctionner de la même façon dans tous les domaines mais sans prosélytisme destructeur. En reprenant la théorie des organisations, nous pouvons aussi imaginer l’apparition de groupes de cohérence restant toutefois en interdépendance au sein de la membrane générale de l’Union. Le choix entre être à la fois souple et ferme, en choisissant en priorité le gant de velours tout en ayant les menottes dans sa poche. Au-delà d’un nouveau projet européen devant prendre en compte d’une part les avancées actuelles, d’autre part les travaux des élus et techniciens et enfin les aspirations des peuples, l’Europe est en recherche d’identité, non uniquement culturelle. Nous établirons notre prochain congrès sur ce thème avec peut-être la publication d’un livre blanc.

François CHARLES – Président de l’I.R.C.E.

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