Dimanche 1 février 2015 7 01 /02 /Fév /2015 10:47

Crise ukrainienne : Objectifs et réalités (1)

Après l’intervention de François Hollande auprès de Vladimir Poutine, le discours de fin d’année  de ce dernier, plus à l’aise sur les valeurs que sur l’économie, le dégel des relations entre les USA et Cuba, le geste de bonne volonté de V Poutine pour la livraison de charbon et de gaz, mais aussi la reprise des combats, jamais vraiment arrêtés, et suite à la première partie sur les rappels de l’histoire, je vous invite à continuer cette démarche d’appréciation et de prise de décision sur les objectifs et les réalités multiples à considérer par toutes les parties pour mieux comprendre cette crise et peut-être déceler certaines options de solution comme nous le verrons dans la troisième partie.

 

Par François CHARLES

Conseil en stratégie et management, Ancien officier de l’armement, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

 

Nous pourrions reprendre les mots de Napoléon au traité de Tilsit face à Alexandre 1er : « au nom de quoi combattons nous ? ». Les lunettes sont différentes. L’UE se bat pour un espace de paix et de sécurité quand la Russie se bat pour un territoire. Au sein même de l’UE et de la France, certains se battent pour défendre ce peuple contre l’oppresseur en oubliant les réalités d’une intégration aux hormones, ou alors défendre l’oppresseur lui-même victime, pour mieux en accuser d’autres et faire apparaître une autre idée nationaliste ou européenne construire autrement, oubliant parfois aussi certaines réalités.

 

N’oublions pas non plus que les deux grandes puissances qu’étaient alors la France et la Russie ont repris leurs hostilités non pas uniquement à cause de la rupture du blocus par la Russie, qui en mit un autre sur les produits de luxe, mais sans doute surtout par un deuil non fait de la défaite d’Austerlitz comme le relève V. Fedorovski. Je maintiendrai donc pour ma part que si V. Poutine n’a pas fait le deuil de la grande Russie soviétique incluant les républiques non encore membres de l’UE, qui acceptent de travailler avec la Russie sans être pour autant considérées comme russes, il n’a pas fait non plus et surtout celui de l’Allemagne de l’Est. Un peu comme si un couple se séparait sans pour autant que l’un ou l’autre puisse refaire sa vie. Rappelons-nous enfin que si la Russie a alors été appelée à sauver l’Europe, elle l’a fait sans y voir uniquement les intérêts polonais, zone tampon sous la bienveillance de la France depuis 1806, comme la Belgique l’est de la Grande Bretagne depuis 1815 !

 

Les réalités en Ukraine

 

L’Ukraine n’est ni la Pologne et un amalgame de peuples, ni la Finlande unie et forte mais un mélange des deux avec une identité qui se réveille par la crise. Dans ses attitudes, elle ressemble davantage à la Russie où la force l’emporte, qu’à l’Europe occidentale et surtout à l’Allemagne, pays de consensus, qui existait pourtant en Ukraine entre l’est et l’ouest jusqu’à ce que les manifestants de la place Maidan jouent l’antithèse du jeu du Schlemiel en poussant à l’exil l’ancien président ukrainien avant qu’il ne recommence de tirer sur la foule, qui avait d’ailleurs provoqué la chute des Romanov ou qu’il continue dans la corruption.

 

S’agissant de son poids, l’Ukraine n’est pas n’importe quel pays. Elle possède une très grande superficie, une énergie  nucléaire à rénover, un lien de proximité avec la Russie avec notamment un énorme pipeline allant en Allemagne, en République tchèque et Hongrie puis sans doute prochainement d’autres pays sud européens, et qui sera rénové grâce à un prêt de 150 millions d’euro (die Zeit 5 déc). Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que l’Ukraine est très pauvre, à commencer par la diaspora russe qui la dénigre en se demandant : pourquoi nous y intéressons-nous ?

 

L’objectif des Ukrainiens est double désormais : intégrer l’Union européenne pour des raisons économiques mais également pour se libérer définitivement de la dépendance russe tout en continuant si possible ses échanges commerciaux et ses liens industriels. Dans sa conférence de presse, une fois réfugié en Russie, l’ancien président ukrainien semblait mettre en avant le problème d’écartement des voies pour ne pas adhérer à l’UE, cachant sans doute les pressions exercées par Moscou. C’était oublier que l’Union ,co-finance largement les infrastructures des pays impétrants.

 

Le vote législatif en Ukraine - celle qui a pu voter - est majoritairement pro européen avec quelques bémols quant à l’attitude à adopter vis-à-vis des Russes. Les dernières élections législatives de 2014 ont laissé certains fauteuils vides suite à l’annexion de la Crimée et aux réalités dans la zone Est où le Front Populaire l’a emporté devant le bloc de Petro Porochenko suivi par l’Union Samopomichtch (autonomie) du maire de Lvov  (Marianne n° 915).

 

L’élément positif est que cette radicalisation ne semble pas liée à une nostalgie néo-nazie en terme d’idéologie mais plutôt à un signe de résistance au voisin russe. Certains y verront les mêmes causes et les mêmes effets. Elle entretient par contre une grande volonté d’éradication de la corruption. Quand certains accusent le gouvernement ukrainien d’être en partie pro nazi, ont–ils vécu dans ces pays ? N’ont-ils pas une certaine volonté à montrer une résistance face aux Russes ?

 

Les deux bastions d’Ukraine de l’est que sont Donetsk et Lougansk, sont en fait deux sous pays et républiques différentes avec des Premiers Ministres et des gouvernements. On peut y rajouter les trois républiques cosaques autoproclamées (Financial Time 7 décembre) espacées de 3 heures de route. Elles sont soutenues par Moscou mais non officiellement sans avoir toutefois l’intention de les annexer, comme en Crimée et en Géorgie. Pour la secrétaire générale de l’Union des  Comités des mères de soldats créé en 1989, la présence des forces russes en Ukraine est illégale (le monde 8 déc.) à part la présence de soldats russes en Crimée de par l’accord de 1997. La guerre en Ukraine  est différente de la situation à Grosny, où les militaires étaient officiellement « en vacances » (sorte de team building récréatif…) car cela dure  et que personne ne sait où les soldats sont envoyés car en plus, les militaires doivent signer une clause de confidentialité, ce qui protège aussi VP sur ses actions. Certaines exactions, contraires aux droits de l’homme, comme en ex Yougoslavie ou pendant la période non contrôlée de la libération, semblent même avoir eu lieu. Au de- là de la parade avec des prisonniers, selon le FT du 7 décembre, la libération de la ville de Slavansk a fait apparaître une fosse avec 14 corps. La diaspora pro russe aime à montrer des enfants soldats en disant qu’ils sont considérés comme des terroristes, alors qu’ils feraient mieux d’aller à l’école …

 

La crise ne date pas d’hier. Selon toujours le FT du 7 décembre, le gouvernement ukrainien avait demandé informellement en 1994 à Donetsk si l’envie d’une plus grande autonomie existait avec la volonté de conserver la langue russe,  hélas sans suite. Même si le gouvernement est revenu en arrière sur la langue, il est indéniable et compréhensif que les russophones de l’Est ne souhaitaient pas se retrouver comme ceux des pays baltes, devenus « non citoyens » car ne parlant pas la langue.

 

Autres réalités : la catastrophe de l’avion civil abattu et la résistance étrangement efficace des séparatistes démontrent que ces derniers sont alimentés soit par d’anciens stocks ukrainiens, soit par les Russes, comme pour l’invasion de la Crimée avec des véhicules sans plaque descendus du ciel, soit par le saint esprit… la Russie dément bien entendu toute implication pour ne pas déclarer ouvertement la guerre et tenter de tirer quelques ficelles. Il était également étonnant que le convoi humanitaire ait été prévu alors que les magasins ukrainiens étaient encore approvisionnés…

 

Le cessez-le- -feu entre Kiev et les séparatistes a été signé le 5 septembre 2014 après environ 4000 tués. Il  a  tout de même changé beaucoup de choses. On compte beaucoup moins de victimes (quelques centaines), les gens retournent travailler (sans salaire) et déambulent dans la rue même pendant les quelques jours chauds d’octobre.  Les chiffres du ministère de la défense ukrainien sont souvent plus élevés que ceux de l’OTAN ce qui démontre aussi une certaine sagesse de cette dernière.

 

Le 16 septembre deux lois ont été adoptées apparemment sans débat (Marianne n° 915) et divisant les responsables comme la population,  accordant un statut spécial aux régions de Donets et Louhansk avec une amnistie pour les combattants. Les sondages affichent que la majorité des Ukrainiens est pour la continuation de la guerre.

 

Depuis la guerre contre la Russie, un certain sentiment national apparaît plus fort qu’auparavant. La population a pris les choses en main depuis les événements de Maidan mais aussi en tabassant des parlementaires et les mettant dans des poubelles sous prétexte de soutenir la modération et donc les séparatistes ! (Marianne n° 915). Certains groupes comme le parti radical emploient aussi les manières fortes pour tabasser les actuels ou anciens séparatistes voyant que le pouvoir n’agit pas. … révolutions arabes ou française ?

 

Pour autant, le Président Poroshenko se veut positif. Dans un article au  Wall Street Journal le  5 décembre, il déclare qu’« après des décades de tragédies et d’instabilité, l’Ukraine est finalement prête à construire un Etat fort ». nouveau parlement pro-européen en place,  trois portefeuilles ministériels attribués à des étrangers pour conduire les réformes nécessaires à l’élaboration de critères professionnels et éthiques, lutte contre la corruption notamment pour mener à bien l’agenda d’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne La mise en place de ministres étrangers, comme auparavant en Russie, mais aussi dans certains pays d’ex-Yougoslavie, pour leur compétences mais aussi une certaine absence de corruption dans les gênes, est une voie de sagesse et de développement.

 

Pour les ukrainiens, comme pour les insurgés, l’objectif est de passer l’hiver. Janvier 2015 a vu de nouveaux combats à Mariopol, à proximité de la Crimée voisine.

 

Les réalités en Crimée

 

Le coup de force a commencé au lendemain de l’inauguration du port militaire ukrainien soutenu par l’OTAN. Ce fut sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

 

La Crimée avait demandé son rattachement à l’Ukraine qui l’a accepté quand elle a été cédée par la Russie, dont les dirigeants en gardaient le lien. Souvenons-nous que la Crimée était depuis toujours le lieu des vacances d’été des dirigeants russes avant 1991.

 

Considérant le faible cordon ombilical entre l’Ukraine et la Crimée, comme je l’ai écrit dans « la Crimée ou la MESORE de Poutine », la Crimée peut être la meilleure solution de rechange sans perdre la face pour chacune des parties. Les occidentaux peuvent considérer que la Russie a violé le territoire alors que celle-ci s’estime être dans son bon droit. Considérant la Crimée comme la Tchétchénie, territoire de la Fédération de Russie, la diaspora russe à Paris fait même le parallèle de la Crimée, voire de l’Ukraine, avec une région française qui se serait soulevée. Notons que les personnes qui n’ont pas voulu devenir russes sont toutes fichées.

 

Un projet de pont est lancé entre la Crimée et la Russie voisine et l’aide économique russe est attendue. A suivre.

 

Les réalités entre l’Ukraine et  la Russie

 

L’enfant adapté rebelle Ukraine, mais pays souverain, même si Kiev reste pour les Russes la mère des villes de Russie, veut désormais confirmer son démarquage avec la Russie Le sentiment bienveillant des Ukrainiens, qui existait dans le pays envers les Russes, semble  aujourd’hui cassé et les parties occidentales et orientales se rejettent. Si la crise dure, comme dans toutes les formes d’organisation, la population prendra aussi les choses en main. Feront-ils le deuil comme entre Français et Allemands où il est plus facile de parler d’Allemagne nazie pour ne pas dire et même penser qu’ils s’agit des Allemands en général alors qu’Hitler était une vraie star dans son pays avant l’invasion de la Pologne et les tapis de bombe alliées sur les villes.

 

On peut aimer la Russie des tsars, la Russie démocratique qui a rétabli les religions, la Russie qui se comporte avec force, fidèle à son état d’esprit, face au terrorisme, mais pas celle qui alimente un conflit en Europe, utilisant la manipulation, le mensonge et la fourberie des pseudo- négociations pour ne pas perdre la face.

Beaucoup se demandent vers qui se tourner entre les Russes ou les Américains alors que là n’est pas la question. Pour certains, nous assistons à une révélation de ce que n’était pas la Russie et sa pseudo ouverture,  comme une personne que l’on apprend à connaître sous stress avec ses cotés obscurs révélés.

 

Revenant sur les propos de l’Ukraine pauvre, on peut se demander pourquoi la Russie et Vladimir Poutine ne s’y sont pas intéressés plus tôt avec une aide économique dès qu’ils le pouvaient. Nous y reviendrons dans la partie sur les options de maintien ou de sortie de crise.

 

Les réalités des liens entre l’Ukraine et l’UE

 

La guerre économique avait remplacé la guerre militaire en Europe mais c’est bien elle qui cette fois-ci a enclenché le conflit militaire. Pour l’UE, l’intégration de l’Ukraine fait partie d’une logique de territoire de paix et de sécurité par des voies économiques et structurelles.

 

Les liens ne datent pas d’hier. Les relations politiques et économiques se sont développées depuis 1998 par l’accord de coopération dans le domaine des réformes, qui visait bien déjà une pré-adhésion à terme et peut-être trop précipité. Ces actions sont également inscrites dans la politique de voisinage de l’UE visant à réduire les risques de déstabilisation économiques et sociaux aux abords des frontières. Nous n’avons guère entendu M. Poutine s’opposer à cet accord durant tout ce temps alors qu’il a usé de pressions et de jeux psychologiques (Schlemiel, ce bon vieux Joe, sans toi …) qui ont abouti à plusieurs milliers de morts mais sans implication officielle, comme au temps de la guerre froide, un deuil non fait sans doute en connaissance de cause.

 

Un accord d’association mis en place en 2012  et confirmé en 2013 par un agenda. Le réel besoin économique ukrainien annoncé fut de 12 milliards d’euros. Je parlais de syndrome de l’Allemagne de l’Est rappelant que cette dernière était essentiellement retombée dans le giron de l’ouest par banqueroute financière. Mais si la Russie n’avait pu l’aider en son temps, il en est autrement pour l’Ukraine.

 

Un gel est arrivé en novembre 2013 au sommet de Vilnius sous prétexte, par le président ukrainien, de refus des contraintes européennes. C’est là que l’on peut penser que les Européens ont peut être voulu aller trop vite dans une notion d’intégration avec ce pouvoir qui ne le souhaitait pas forcément. On se souviendra de la fuite de Frédéric III la veille de signer le couronnement du roi de Bourgogne qui visait à rétablir la paix avec la France …

 

Ont suivi les événements de la place Maidan où les pro-Russes et la diaspora crient pour leur part à la théorie du complot ainsi que l’invasion et l’annexion de la Crimée. En mars 2014, le Conseil de l’UE condamna la violation de la souveraineté territoriale de l’Ukraine qui avait pour sa part accepté le stationnement de la flotte en Mer Noire par une convention de 1997. L’accord UE / Ukraine sur l’intégration économique et l’association politique fut  confirmée (CQFD plus avant) le 27 juin avec le nouveau gouvernement avec une recherche de solution pacifique dans les discussions avec la Russie sur le gaz. Ces dates, ainsi que les sanctions prises par l’UE et par la Russie, ne l’oublions pas, ont été détaillées dans la présentation de l’IRCE sur cette crise et l’impact sur les entreprises faite devant le MEDEF et ci-après.

 

Une intégration rapide semble être en marche, sans doute trop rapidement au moment où la planche à secousse économique donne à plein. Certes le pays souffre d’une même légitimité sécuritaire que les autres pays de l’Est rentrés en masse 1991 pour fuir si possible définitivement le régime soviétique et qui semblent économiquement bien se comporter, avec une culture industrielle et travailleuse. Il va nous falloir accueillir cette volonté d’intégration comme je l’ai déjà écrit dans « faut-il sauver le soldat Ukraine »

 

 

Quant à ce Parlement un peu « dur », on peut aussi se demander si finalement est-ce aussi bon pour l’Union européenne si le pays l’intègre quand on s’émeut de la gouvernance hongroise…

 

A SUIVRE : OBJECTIFS ET REALITES (2)

Par francoischarles - Publié dans : europe
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Dimanche 18 janvier 2015 7 18 /01 /Jan /2015 20:16

MERCI CHARLIE POUR L’EUROPE

Ce jour du 11 janvier 2015 ne fut pas comme les autres. Certes intégré dans une série de rassemblements, cet événement historique de prise de conscience citoyenne et politique fut grand pour la France mais aussi pour l’Europe et le monde, notamment aux Etats-Unis et en Russie, inquiets, impressionnés et emportés par cet élan émotionnel que l’on n’avait pas connu pour les uns depuis la libération, pour les autres depuis les événements de Pologne, voire l’enterrement de Jean-Paul II ou de Lady Diana. Il reste maintenant à en garder l’extrait de l’alambic pour aller de l’avant en veillant bien à ce que personne ne le brise.

 

Par François CHARLES

Conseil, coach et formateur en stratégie et management, ancien officier de l’armement, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

 

L’Europe s’est réunie avec de nombreux dirigeants pour réaffirmer son identité et ses valeurs. Elle a souvent besoin de thérapie collective contre un risque invisible quoique  sous-jacent. Le Premier ministre français a été applaudi debout par les députés en affirmant qu’il était légitime d’être fier d’être Français. Profitons de ce drame français pour progresser dans l’optique de notre fierté d’être Européens, unis dans la diversité avec nos propres identités et nos différences qui en font sa force. Et la France a su montrer une fois de plus qu’elle apportait quelque chose à l’Europe, qu’elle avait eu raison d’être présente au Mali, supportée matériellement par ses partenaires même s’ils n’envoyaient pas de troupes sur le terrain. Je préfère souvent dire quelle France pour l’Europe, pour mieux avancer, que l’inverse.

 

Le peuple et les 50 chefs d’Etats et de gouvernements n’étaient pas en colère pour la même chose Ils se sont retrouvés pour montrer leur solidarité, pour dire que les terroristes ne pourront être tranquilles dans un pays. Ils se sont réunis comme toutes les facettes d’un diamant, composante d’un même bijou. Nous retiendrons cette image émouvante et émotionnelle du couple franco-allemand, comme celle aussi des représentants du moyen orient réunis par la France et l’Europe. Nous remarquerons certaines présences sans doute opportunistes et étonnantes mais encore une fois, tout le monde n’était pas là pour la même chose.

 

On peut comprendre que tout le monde ne soit pas « Charlie » ni n’apprécie ces caricatures qui insultent même si c’est « pour rire ». Chacun ses lunettes. De même qu’il est délicat de comprendre sans juger le fait que certains jeunes qui ne veulent pas faire la minute de silence considérant qu’ils n’ont eu « que ce qu’ils le méritaient », oubliant les otages tués dans l’hyper Casher.

 

Certains étaient là pour la liberté d’expression (d’habitude face à un pouvoir), d’autres contre l’extrémisme, le terrorisme et pour un espace de paix et de sécurité contre désormais simultanément des risques diffus (le terrorisme masqué) et les menaces identifiées (un état dit islamique identifié géographiquement avec une armée). D’autres étaient là contre le racisme et l’antisémitisme, d’autres pour essayer d’être forts face à la terreur, d’autres pour la démocratie, la laïcité, pour la république (même si les monarchies européennes n’ont pas à rougir), d’autres pour avoir le droit de regarder dans les yeux ceux qui ne supportent pas le nôtre par suspicion ou haine. D’autres étaient en colère contre le fait d’utiliser les balles contre les opinions. D’autres étaient là pour réaffirmer les bases de notre espace de paix et de sécurité.

 

Pour autant l’Europe chrétienne ne doit pas tomber dans le piège de partir en croisade contre l’Islam, où veulent nous emmener ces terroristes qui font dans notre monde désormais civilisé ce qu’il est permis de faire dans le nouveau Khalifa, même si Dieu n’a jamais demandé de tuer et même si nous l’analysions peut-être autrement au temps révolu des croisades. Ne remarque-t-on pas des attitudes de plus en plus radicales et haineuses de la part des personnes qui s’estiment incomprises par le système et qui en recréent un autre à leur pensée en s’enfonçant dans le côté obscur de la force ? Ne s’agit-il pas d’une guerre de religion arrivée sur notre sol sans chercher l’alibi de la crise sociale et économique ? N’assiste-t-on pas à une impression que cette réaction n’a fait que renforcer le désir de frapper ? Qu’en est-il de cette Europe qui se veut forte sans comprendre les différences ? Ecoutons le pape qui nous donne encore la voie de la sagesse, comme je l’écrivais dans l’article « urbi et orbi pour l’Europe » : « s’exprimer librement est un droit fondamental mais n’autorise pas à insulter la foi d’autrui » (Le Point). Tout le monde n’aime pas l’Europe, tout le monde n’a pas la foi pour lui-même ni pour autrui. Il serait dommage que l’identité européenne naisse d’un tel constat. Il serait dommage qu’une bonne guerre réunisse tout le monde, et même la Russie.

 

Et maintenant ? Sur quels sujets et quels thèmes aller de l’avant ? Tout le monde est-il lié ? Nous avions vu Vladimir Poutine côtoyer certains chef d’Etat pour les fêtes du débarquement pour ensuite rappeler qu’il y avait eu plus de soldats russes tués, repris en coeur par les anti-étasuniens français, en oubliant les réalités de la technique russe de la boucherie et du rouleau compresseur. Mais il ne s’agit pas ici de régulation entre chefs d’états sauf peut être avec l’Etat islamique qu’il ne faut bien entendu pas reconnaître.

 

Le deuil est en cours. Le coup de théâtre plus ou moins attendu et le déni ont vite laissé place à la colère et désormais il est temps pour l’analyse et l’action. Ce drame français partagé au niveau européen appelle des mesures françaises qui doivent être partagées de la même façon pour la sécurité en Europe.

 

Tout en prenant en compte ce besoin d’identité, cette crise peut faire avancer notre gouvernance et placer enfin la sécurité et la défense dans les compétences exclusives régie par règlements comme dans tout système fédéral sans avoir peur de perdre son identité et en comprenant enfin qu’ensemble nous sommes plus forts si nous savons trouver une interdépendance.

 

Il est temps d’avoir une réponse cohérente de l’UE comme le réclament en partie le président du Conseil européen et le Premier ministre français (Les Echos 14 janv.), de renforcer les frontières Schengen mais aussi de l’intérieur, comme les cloisons de la coque d’un même bateau, de créer des quartiers à risques avec cloisonnement, d’accroître les échanges de fichiers des données sur les passagers comme ce l’est encore pas le cas voyant bien que l’aéronautique reste une compétence nationale avec les difficultés que cela crée aussi au niveau de Ciel Unique. Il est temps de renforcer  la coopération policière, instituer une DGSI européenne, instituer une force d’action rapide navale européenne en méditerranée, étendre l’académie européenne de gendarmerie, mieux formaliser les analyses de risque, ne pas baisser les actions de politique extérieure comme en Ukraine mais aussi en Lybie comme s’émeuvent le Premier ministre italien ainsi que la nouvelle représentante des affaires extérieures, d’origine italienne qui ont une légitimité historique pour en parler.

 

C’est le moment d’élargir le noyau dur du Conseil National de Sécurité, dont une identité européenne, de prendre en compte les outils d’efficacité de l’OTAN sans chercher à les dupliquer mais en sachant les intégrer avec une réelle interdépendance étasunienne qui semble être prête à coopérer non seulement à sens unique.

 

Enseigner les valeurs européennes de paix et de sécurité comme enseigner la pédagogie de la laïcité française, comme autrefois quand existait le service militaire, doit être considéré comme une opportunité de dialogue et de prise de conscience avant qu’il ne soit trop tard. Une majorité d’électeurs a voté Front National car lui seul sait les entendre comme dans d’autres pays. La radicalisation religieuse sait écouter et convertir des personnes calmes comme le volcan mais qui savent aussi exploser quand la goutte fait déborder le vase. A ce même titre, certains politiques ou responsables étatiques et administratifs nationaux et régionaux peuvent, par leur simple volonté de pouvoir sans écoute ni bienveillance, empêcher des actions de communication européenne au risque de radicaliser certains experts et certaines populations. Est-ce cela que nous voulons pour l’Europe dont la France et ses 27 partenaires ?

Par francoischarles - Publié dans : europe
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Vendredi 9 janvier 2015 5 09 /01 /Jan /2015 09:20

Alors FN ou pas FN dans le recueillement national ? le PS semble s'y opposer. La nouvelle UMP semble ne pas y voir d'incompatibilité sans forcément en profiter pour montrer des signes de copinage. les militants excités de l'UMP diront-ils encore que la montée du FN a été favorisée par le PS ? Par ailleurs, j'aimerais bien que l'on n'oublie pas les actions de Dijon et d'ailleurs qui n'étaient pas des actes isolés comme on a bien voulu nous le faire croire pour ne pas alimenter la psychose, mais preuve que l'on aurait bien du et remettre donc les policiers à la rédaction de Charlie et non sur le trottoir.

Par francoischarles - Publié dans : politique
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Jeudi 1 janvier 2015 4 01 /01 /Jan /2015 13:32
En ce premier janvier, où vous pourrez désormais découvrir la Lituanie et où nous pouvons désormais accueillir nos amis sans changer de monnaie, le conseil d'administration de l'IRCE se joint à moi pour vous souhaiter une merveilleuse année 2015 pleine de santé, de bonheur et de réussite pour vous, vos familles et vos proches ;

Pour continuer sur cette image du diamant sur laquelle je communiquais l'an dernier, je souhaite pour l'Europe, que les idéalistes européens d'un seul moule comprennent la volonté d'identité réaliste et réalisable de chaque peuple qui apparaît souvent lors des élections ;

Je souhaite que les idéalistes nationaux comprennent que ces peuples aspirent néanmoins à vivre ensemble dans un monde de paix mais surtout d'échanges économiques, et qu'ils sont prêts à profiter d'une certaine normalisation ;

Je souhaite qu'élus et institutionnels trouvent le chemin de l'écoute et de la pédagogie avec une légitimité reconnue et je souhaite que les citoyens sceptiques s'intéressent aux institutions et à leurs actions de façon constructive ;

Je souhaite que les dirigeants nationaux, comme les entreprises, comprennent la possible interdépendance entre les Etats dans les domaines clés et stratégiques, notamment sur l'énergie et la défense ;

Je souhaite que nous comprenions que nous pouvons être plus forts ensemble au delà de la simple addition de km², d'habitants et de poids du PIB et je sais que certains diront de dettes ;

Je souhaite que les pays les plus avancés comprennent pourquoi l'UE aide financièrement les pays rentrants afin de consolider nos économies mais qu'elle doit le faire avec mesure ;

Je souhaite que les entreprises comprennent que l'UE a misé sur elles depuis longtemps pour la création de richesses notamment avec la recherche ;

Je souhaite que les perfectionnistes et les libéraux comprennent que le système actuel peut être revu et corrigé en instituant notamment des groupes de cohérence de fonctionnement et qu'il est parfois important de consolider les acquis internes pour être plus forts avant toute nouvelle approche commerciale ;

Je souhaite que nous n'ayons plus besoin de la Chine ni des Etats-Unis d'Amérique pour comprendre nos atouts économiques et nos armes commerciales, ni de la Russie, pourtant si proche et en grande partie européenne et qui n'a pas fait le deuil de l'échec apparent de sa grande Europe, pour parler d'une seule voix en terme de politique extérieure et de défense ;

Je souhaite que les européens des capitales comprennent le rôle clé des régions pour tester et mettre en place certains projets notamment transverses et je souhaite aussi que les européens et les élus des régions comprennent le rôle souvent initiateurs et bienveillant des institutions ;

Je souhaite que le modèle particulier engagé pour l'Europe sur le fond et la forme, d'une part fédéral dans son fonctionnement peut-être avec une subsidiarité non reconnue et sans avoir encore intégré les domaines traditionnels régaliens, et d'autre part confédéral dans sa politique générale, trouve ses marques et pourquoi pas dans un système d'Etats-nations ;

Je souhaite que nous avancions ensemble à la fois dans un certain équilibre mais dans une nouvelle force motrice économique créatrice de richesses et une composante sociale créatrice d'épanouissement ;

Je souhaite qu'une identité propre apparaisse pour que nous puissions dire que nous sommes fiers d'être européens, unis dans la diversité.

François CHARLES

Président de l'IRCE
Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe
www.irce-oing.eu 


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Par francoischarles - Publié dans : europe
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Mardi 18 novembre 2014 2 18 /11 /Nov /2014 12:13

Comme avec la qualité ou le domaine social, les risques sont considérés comme le tiroir d’un meuble que l’on n’ouvre lorsqu’il faut vraiment le faire en essayant vite de jeter la clé alors qu’il s’agit pourtant d’un vecteur clé d’implication et de responsabilisation des personnels de façon individuelle et collective dans la vie de toute forme d’organisation.

 

Par François CHARLES

Coach, conseil et formateur en stratégie et management, ancien risk manager à la DGA, ancien auditeur financier

 

Plutôt qu’être contraints à gérer les crises, comme nous aimons le faire en France, il est également possible de mettre d’autres lunettes et prendre davantage de temps en amont des processus pour anticiper et nous poser certaines questions nous permettant de prendre le bon chemin dans de bonnes conditions. Sans oublier ensuite de capitaliser les acquis.

 

Il existe certaines définitions connues du risque. Mais au-delà, il convient surtout de retenir que rien ni personne n’est à l’abri de quoi que ce soit, qu’un événement peut toujours arriver mais que l’on peut en limiter les effets par une préparation en ne négligeant aucune option. Les Japonais avait bien prévu un mur de 5 mètres pour arrêter la mer à Fukushima dans le cas d’une magnitude maximale de 7,4. Ils ne pensaient pas qu’un super tsunami de magnitude 9, comme il y en a mille ans à cause de plusieurs aspérités en résonance, pouvait revenir avec une vague de 15 mètres. Ces nouveaux constats ont ensuite engendré en France une expansion des zones à risque sismique et une veille accrue sur Nice mais aussi sur la moitié du territoire. Il en est de même pour des travaux ou un accident imprévus sur la route, voire une roue crevée qui ne sont certes pas forcément des éléments contrôlables. Par contre, le simple fait de regarder la météo la veille peut vous pousser à partir un peu en avance pour ne pas subir les ralentissement qui apparaissent généralement en temps de pluie.

 

L’effet de levier de la vision globale

 

Sur les projets industriels, au stade de la préparation et de la conception, il s’agira d’examiner de façon globale les scénarii, définir les objectifs mesurables, réalistes, réalisables déterminés dans le temps en les passant dans le filtre des réalités de nombreuses familles d’éléments à analyser (risques politiques, pays, clients, expression de besoin, définition initiale, plan directeur, budget, organisation, approvisionnement, sécurité ; HSCT, HQE, contrat, essais, interfaces/interopérabilité, environnement normatif, SLI, gestion de configuration, technique, processus, exploitations, autre…) pour définir les impacts de telles actions ou tel manque en matière de coûts, délais et performances, voire posséder des éléments de gel ou d’arrêt d’un projet. La maîtrise du TOP 10 des risques permettra de montrer une parfaite connaissance du sujet et rassurer la gouvernance et les partenaires. Mais il s’agira aussi de ne pas se cacher derrière une disposition prise considérant que le sujet est traité définitivement.

 

En matière économique, les risques sont présents mais souvent couverts par les aléas de la conjoncture et les orientations politiques pratiquant le tâtonnement valrasien.

 

En matière de commissariat aux comptes, l’expert auditeur ne cherchera pas forcément toutes les erreurs mais celle qui pourra induire en erreur de façon significative la personne non initiée.

 

En matière de politique internationale, même avec un traité, le risque d’un mot ou d’une attitude de trop peu enclencher une guerre économique, voire une guerre militaire.

 

En matière environnementale, le risque n’est pas suffisamment lié à notre santé et notre bien-être et nous empêche de prendre conscience des réels objectifs à atteindre.

 

En matière de sécurité et de sûreté, le risque est la composante de base, mais autant trop d’info tue l’info, autant trop de risque tue le risque et là encore le top 10 est important.

 

Dans l’entreprise, le risque est trop souvent considéré comme un éléments financier qui peut être couvert par une assurance afin de couvrir une fluctuation de cours, une mauvaise décision, limiter des pertes d’exploitation ou remplacer les compétences d’une personne clé. On parle aussi de risque de change, sauf désormais dans la zone euro. Même les agriculteurs se familiarisent au risque de fluctuation des cours du blé en jonglant avec les options.

 

Ces garanties mises en place empêchent souvent de penser et de prendre conscience de certaines réalités et de certaines responsabilités. Fernand Reynaud nous faisait rire avec son histoire de conducteur arrêté par la gendarmerie pour « bonne conduite » et qui toucha une somme d’argent pour enfin aller passer son permis de conduire. Les automobilistes sans permis et sans assurances, débusqués lors de contrôles, roulent parfois mieux que les autres car font attention à chaque élément du fait justement d’une absence de couverture.

 

Les banques pourraient sans doute penser autrement vis-à-vis des entreprises en prenant des risques, de toute façon réassurés, comme elles le font en plaçant l’argent qui n’est pas le leur sur des marchés spéculatifs qui n’ont aucun lien avec la vraie vie.

 

Comme en stratégie, une prise de recul de quelques heures, qui semble gâchée car improductive, peutéconomiser quelques mois à réduire les problèmes latents.

 

Beaucoup de PME ont découvert la notion de client à travers l’ISO 9001 et découvrent la culture des risques à travers leurs obligations réglementaires imposées comme une contrainte par l’état, leurs fournisseurs ou la norme qui transforment la démarche en des tableaux de paperasse. Elles ne voient pas bienfaits pour l’organisation et rédigent leur document à la va-vite en laissant souvent le responsable qualité s’en charger. Il en est parfois encore le cas pour les grandes entreprises qui se croient protégées par leur taille. Rappelons nous qu’Arthur Andersen était le temple de l’audit et qu’UAP s’est faite mangée par AXA. L’analyse de la valeur peut souvent surprendre quand la défaillance d’un composant à 10 euros peut immobiliser un engin de plusieurs millions

 

Un processus défini mais trop souvent tronqué

 

L’analyse d’un risque s’insère dans un processus AMDEC passant par des phases d’identification en le mettant dans la moulinette des impacts et des causes, d’évaluation quantitative et qualitative en terme de coût, délais et performance, puis de traitement. Réaliser les fiches de risque avec un pilotage par action et leur consolidation en tableau de bord donne souvent simplement bonne conscience alors que ce tableau peut être un vrai outil de pilotage. Deux phases sont souvent négligées : celle du suivi puis de la capitalisation ainsi que de la notion de Reverse Management comme dans l’analyse et le management des coûts par activités (ABC/ABM) qui peuvent installer une réelle culture de l’optimisation pour ne plus ouvrir la « boîte à risques » pour les audits mais développer un réflexe systématique et s’en servir de façon régulière tout en sachant aussi sortir de l’ornière de l’habitude … qui est aussi un risque.Après avoir créé une ingénierie concourante d’un maximum d’acteurs dès le départ, les interviews individuelles mixées aux confrontations collectives créeront une vraie autorégulation d’équipe avec un manager apprenant à devenir porteur de sens en abordant les risques sans appréhension.

 

L’effet de levier humain

 

Mais tout ceci ne va pas de soit. Pierre, Paul, Jacques, Magali ne verront pas, ne comprendront pas et ne communiqueront pas de la même façon même s’ils parlent la même langue et même s’il doivent concourir à un objectif commun au profit de leur organisation et il est parfois difficile de l’assimiler. Mais tout est possible quand on sait que ceux qui cherchaient à rouler le plus vite sur la route s’amusent désormais à consommer le moins pour positiver l’appréhension des radars et des procès verbaux ou écrits !

 

Comme pour la musique ou le sport de balle, la culture du risque est innée pour certaines personnes ou profils de personnalité. Elle peut néanmoins aussi s’acquérir par les autres. Les outils de polarités d’analyse des préférences du MBTI, de la PCM et du Team Management System sont là pour permettre d’économiser de l’énergie et de gagner en coût, délai et performance. 

 

L’apport pour le management de l’organisation se fait notamment sentir d’une part quand il s’agit de déterminer les risques où l’on voit bien d’une part les personnes qui s’attachent soit au détail ou aux possibles puis d’autre part quand il s’agit de choisir les degrés de criticité et de positionner le curseur, voire engager des actions celles qui se mettent à la place ou qui agissent avec la tête froide sachant que les deux approches peuvent et doivent être complémentaires.

 

Quel meilleur témoignage qu’entendre «et dire qu’il aura fallu s’attaquer aux risques pour apprendre à nous connaître, mieux travailler ensemble et être efficace dans nos processus et nos décisions ! Maintenant nous ne pouvons plus nous en passer».

 

Par francoischarles - Publié dans : management
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