Mardi 18 novembre 2014 2 18 /11 /Nov /2014 12:13

Comme avec la qualité ou le domaine social, les risques sont considérés comme le tiroir d’un meuble que l’on n’ouvre lorsqu’il faut vraiment le faire en essayant vite de jeter la clé alors qu’il s’agit pourtant d’un vecteur clé d’implication et de responsabilisation des personnels de façon individuelle et collective dans la vie de toute forme d’organisation.

 

Par François CHARLES

Coach, conseil et formateur en stratégie et management, ancien risk manager à la DGA, ancien auditeur financier

 

Plutôt qu’être contraints à gérer les crises, comme nous aimons le faire en France, il est également possible de mettre d’autres lunettes et prendre davantage de temps en amont des processus pour anticiper et nous poser certaines questions nous permettant de prendre le bon chemin dans de bonnes conditions. Sans oublier ensuite de capitaliser les acquis.

 

Il existe certaines définitions connues du risque. Mais au-delà, il convient surtout de retenir que rien ni personne n’est à l’abri de quoi que ce soit, qu’un événement peut toujours arriver mais que l’on peut en limiter les effets par une préparation en ne négligeant aucune option. Les Japonais avait bien prévu un mur de 5 mètres pour arrêter la mer à Fukushima dans le cas d’une magnitude maximale de 7,4. Ils ne pensaient pas qu’un super tsunami de magnitude 9, comme il y en a mille ans à cause de plusieurs aspérités en résonance, pouvait revenir avec une vague de 15 mètres. Ces nouveaux constats ont ensuite engendré en France une expansion des zones à risque sismique et une veille accrue sur Nice mais aussi sur la moitié du territoire. Il en est de même pour des travaux ou un accident imprévus sur la route, voire une roue crevée qui ne sont certes pas forcément des éléments contrôlables. Par contre, le simple fait de regarder la météo la veille peut vous pousser à partir un peu en avance pour ne pas subir les ralentissement qui apparaissent généralement en temps de pluie.

 

L’effet de levier de la vision globale

 

Sur les projets industriels, au stade de la préparation et de la conception, il s’agira d’examiner de façon globale les scénarii, définir les objectifs mesurables, réalistes, réalisables déterminés dans le temps en les passant dans le filtre des réalités de nombreuses familles d’éléments à analyser (risques politiques, pays, clients, expression de besoin, définition initiale, plan directeur, budget, organisation, approvisionnement, sécurité ; HSCT, HQE, contrat, essais, interfaces/interopérabilité, environnement normatif, SLI, gestion de configuration, technique, processus, exploitations, autre…) pour définir les impacts de telles actions ou tel manque en matière de coûts, délais et performances, voire posséder des éléments de gel ou d’arrêt d’un projet. La maîtrise du TOP 10 des risques permettra de montrer une parfaite connaissance du sujet et rassurer la gouvernance et les partenaires. Mais il s’agira aussi de ne pas se cacher derrière une disposition prise considérant que le sujet est traité définitivement.

 

En matière économique, les risques sont présents mais souvent couverts par les aléas de la conjoncture et les orientations politiques pratiquant le tâtonnement valrasien.

 

En matière de commissariat aux comptes, l’expert auditeur ne cherchera pas forcément toutes les erreurs mais celle qui pourra induire en erreur de façon significative la personne non initiée.

 

En matière de politique internationale, même avec un traité, le risque d’un mot ou d’une attitude de trop peu enclencher une guerre économique, voire une guerre militaire.

 

En matière environnementale, le risque n’est pas suffisamment lié à notre santé et notre bien-être et nous empêche de prendre conscience des réels objectifs à atteindre.

 

En matière de sécurité et de sûreté, le risque est la composante de base, mais autant trop d’info tue l’info, autant trop de risque tue le risque et là encore le top 10 est important.

 

Dans l’entreprise, le risque est trop souvent considéré comme un éléments financier qui peut être couvert par une assurance afin de couvrir une fluctuation de cours, une mauvaise décision, limiter des pertes d’exploitation ou remplacer les compétences d’une personne clé. On parle aussi de risque de change, sauf désormais dans la zone euro. Même les agriculteurs se familiarisent au risque de fluctuation des cours du blé en jonglant avec les options.

 

Ces garanties mises en place empêchent souvent de penser et de prendre conscience de certaines réalités et de certaines responsabilités. Fernand Reynaud nous faisait rire avec son histoire de conducteur arrêté par la gendarmerie pour « bonne conduite » et qui toucha une somme d’argent pour enfin aller passer son permis de conduire. Les automobilistes sans permis et sans assurances, débusqués lors de contrôles, roulent parfois mieux que les autres car font attention à chaque élément du fait justement d’une absence de couverture.

 

Les banques pourraient sans doute penser autrement vis-à-vis des entreprises en prenant des risques, de toute façon réassurés, comme elles le font en plaçant l’argent qui n’est pas le leur sur des marchés spéculatifs qui n’ont aucun lien avec la vraie vie.

 

Comme en stratégie, une prise de recul de quelques heures, qui semble gâchée car improductive, peutéconomiser quelques mois à réduire les problèmes latents.

 

Beaucoup de PME ont découvert la notion de client à travers l’ISO 9001 et découvrent la culture des risques à travers leurs obligations réglementaires imposées comme une contrainte par l’état, leurs fournisseurs ou la norme qui transforment la démarche en des tableaux de paperasse. Elles ne voient pas bienfaits pour l’organisation et rédigent leur document à la va-vite en laissant souvent le responsable qualité s’en charger. Il en est parfois encore le cas pour les grandes entreprises qui se croient protégées par leur taille. Rappelons nous qu’Arthur Andersen était le temple de l’audit et qu’UAP s’est faite mangée par AXA. L’analyse de la valeur peut souvent surprendre quand la défaillance d’un composant à 10 euros peut immobiliser un engin de plusieurs millions

 

Un processus défini mais trop souvent tronqué

 

L’analyse d’un risque s’insère dans un processus AMDEC passant par des phases d’identification en le mettant dans la moulinette des impacts et des causes, d’évaluation quantitative et qualitative en terme de coût, délais et performance, puis de traitement. Réaliser les fiches de risque avec un pilotage par action et leur consolidation en tableau de bord donne souvent simplement bonne conscience alors que ce tableau peut être un vrai outil de pilotage. Deux phases sont souvent négligées : celle du suivi puis de la capitalisation ainsi que de la notion de Reverse Management comme dans l’analyse et le management des coûts par activités (ABC/ABM) qui peuvent installer une réelle culture de l’optimisation pour ne plus ouvrir la « boîte à risques » pour les audits mais développer un réflexe systématique et s’en servir de façon régulière tout en sachant aussi sortir de l’ornière de l’habitude … qui est aussi un risque.Après avoir créé une ingénierie concourante d’un maximum d’acteurs dès le départ, les interviews individuelles mixées aux confrontations collectives créeront une vraie autorégulation d’équipe avec un manager apprenant à devenir porteur de sens en abordant les risques sans appréhension.

 

L’effet de levier humain

 

Mais tout ceci ne va pas de soit. Pierre, Paul, Jacques, Magali ne verront pas, ne comprendront pas et ne communiqueront pas de la même façon même s’ils parlent la même langue et même s’il doivent concourir à un objectif commun au profit de leur organisation et il est parfois difficile de l’assimiler. Mais tout est possible quand on sait que ceux qui cherchaient à rouler le plus vite sur la route s’amusent désormais à consommer le moins pour positiver l’appréhension des radars et des procès verbaux ou écrits !

 

Comme pour la musique ou le sport de balle, la culture du risque est innée pour certaines personnes ou profils de personnalité. Elle peut néanmoins aussi s’acquérir par les autres. Les outils de polarités d’analyse des préférences du MBTI, de la PCM et du Team Management System sont là pour permettre d’économiser de l’énergie et de gagner en coût, délai et performance. 

 

L’apport pour le management de l’organisation se fait notamment sentir d’une part quand il s’agit de déterminer les risques où l’on voit bien d’une part les personnes qui s’attachent soit au détail ou aux possibles puis d’autre part quand il s’agit de choisir les degrés de criticité et de positionner le curseur, voire engager des actions celles qui se mettent à la place ou qui agissent avec la tête froide sachant que les deux approches peuvent et doivent être complémentaires.

 

Quel meilleur témoignage qu’entendre «et dire qu’il aura fallu s’attaquer aux risques pour apprendre à nous connaître, mieux travailler ensemble et être efficace dans nos processus et nos décisions ! Maintenant nous ne pouvons plus nous en passer».

 

Par francoischarles - Publié dans : management
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Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 22:22
En cette date d’anniversaire de la chute du mur de Berlin puis du rideau de fer dans les autres pays, à l’heure où une nouvelle livraison d’armes cette fois très importante et lourde arrive chez les séparatistes, voire nucléaires en Crimée, et à l’heure où V. Poutine quitte le G20 pour cause de gêne, il semblait opportun de rappeler certaines réalités historiques, territoriales et humaines ainsi que certaines options de solutions ou d’escalade dans cette crise ukrainienne en espérant que chacun puisse échanger ses lunettes à travers ces jeux stratégiques mais surtout psychologiques comme nous l’avons mis en avant pour la Syrie.. Par François CHARLES Conseil en stratégie et management, Ancien officier de l’armement, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe Je me suis déjà beaucoup exprimé sur ce sujet à charge et à décharge avec des réactions fortes de certains défenseurs aveugles de l’un ou l’autre camp. Certaines personnes d’Etat devraient sans doute s’en inspirer. Une mission d’observation, voire de conciliation est à l’étude car nous vivons des moments très graves. Fallait-il en arriver là ? Que va-t-il se passer ? Qu’a donc à prouver ou à sauver V. Poutine ? Une chose est certaine : celui qui utilisera officiellement le premier la violence aura perdu la face dans une région où l’histoire semble se rejouer depuis quelques mois. Il n’est bien entendu pas question que nous acceptions le moindre nouveau fait de violence armée en Europe. Mais pour l’instant l’Ukraine n’est pas membre de l’Union et l’UE n’a pas failli sauf peut-être dans sa politique extérieure où elle s’investit aussi économiquement. Le « plus jamais ça » n’est pas vu par les mêmes lunettes, notamment de ceux qui voient le moyen une nouvelle fois d’affronter Russes et Américains. Mais parlons nous de peuples ou de dirigeants ? Un peu d’histoire L’histoire ne doit pas nous freiner mais mieux nous faire avancer en connaissance de cause Souvenons-nous de certains faits historiques étrangement ressemblants avec ceux exposés plus après et qui peuvent nous aider à trouver certaines options de solutions. Certes, Kiev était la mère des villes de Russie au 9° siècle, ce qui ne signifie pas que ce fait est oublié, un peu comme quand on rapproche la Bourgogne et la Franche-Comté qui ne se ressemblent pas et qui ont vécu finalement peu ensemble. Les Russes ont tout à fait le droit de l’évoquer sans forcément le revendiquer. La Russie était intervenue non officiellement en 1950 en Corée, sans même le dire aux Nord Coréens ! Les soldats sans signes distinctifs étaient tabassés au départ par les Nord Coréens qui les prenaient pour des Américains. Souvenons nous qu’en Afghanistan ce sont des militaires des forces spéciales sans distinction ou habillés d’uniformes locaux qui ont soit disant porté secours au pouvoir face aux rebelles avant le déferlement de l’armée. Souvenons-nous que le Royaume-Uni avait déjà cherché à envahir l’Afghanistan avant les Russes sans succès. L’argent, qui est en fait le fait générateur de cette crise, fut également utilisé par la Prusse pour arrêter la Guerre avec la Russie en finançant le retour de Lénine. Notons aussi que l’Ukraine rentra immédiatement en guerre contre les bolcheviks en 1917 après la paix entre la Russie et l’Allemagne. A l’instar des incursions russes, souvenons-nous qu’Hitler avait été élu, était considéré comme une star, même en Europe, avant qu’il n’envahisse la Pologne sans déclaration de guerre après que les troupes allemandes, déguisées, détruisent un poste frontière allemand prétextant une attaque polonaise puis qu’il envahisse la Belgique prétextant une incursion française. Souvenons nous des pseudos victoires diplomatiques françaises et britanniques face à Hitler qui en profitait pour mieux avancer ses pions. Doit-on encore agir comme en 40 où l’on s’est tourné les pouces pendant 9 mois abrités derrière notre Ligne Maginot ou ne pas intervenir en Finlande ? Souvenons-nous qu’Hitler envahit les Sudètes en prétextant l’oppression du peuple allemand et sans doute une intention cachée  par un Etat créé par la France, ennemi héréditaire Souvenons nous qu’en 1940, les Russes attaquaient la Finlande prétextant une attaque finnoise en Russie après avoir créé un pseudo gouvernement local ne reconnaissant pas le pouvoir en place, qui a appelé Moscou à l’aide. Souvenons nous que les sanctions états-uniennes infligées au Japon pour avoir envahi l’Indochine, ont provoqué en grande partie l’attaque de Pearl Harbor. Devaient-ils laisser faire ? Souvenons-nous que l’Allemagne s’est subitement souvenue en 1890 qu’elle n’avait pas de colonies et qu’elle a engagé des actions fortes et de déstabilisation. Souvenons nous que les missiles à Cuba avaient été déployés aussi à cause des missiles en Turquie Souvenons-nous que M. Gorbatchev avait laissé faire en Allemagne de l’Est mais avait envoyé les parachutistes dans les pays baltes, qu’en 1991, toutes les républiques de l’Union soviétiques proclamèrent leur indépendance et que de nombreuses ont rapidement demandé leur intégration dans l’union européenne, non uniquement pour des raisons économiques. Souvenons-nous que l’OTAN s’est créée avant le pacte de Varsovie pour protéger ce qui restait de l’Europe de l’attitude russe, qui s’est dévoilée ensuite tout en conservant des calibres d’armes différents s’inscrivant plutôt dans une logique de terre brûlée comme au temps de Napoléon puis de Pierre le Grand. La guerre froide est restée froide car sur le terrain les forces en présence pouvaient continuer à se cotoyer et se parler pour vérifier certaines réalités. L’exemple de la Georgie n’est pas nouveau et il est naturel que certains pays affichent tout haut leur protection derrière l’OTAN. Souvenons nous la façon dont été traités les Russes - non citoyens - dans les pays Baltes. S’agissant de la soit disant volonté d’hégémonie des Etats-Unis sur l’Europe, souvenons-nous que l’Union européenne s’est bâtie, comme les Etats-Unis, pour un espace de paix et de sécurité et que oui, on peut considérer que les Etats-Unis sont à l’initiative de l’Union européenne pour tenter de créer un bloc face à l’empire soviétique. Rappelons nous que ces derniers sont vraiment rentrés en guerre par des prétextes forts en 1916 après la guerre sous-marine à outrance pour casser le blocus britannique, renforcé par un télégramme allemand vers le Mexique promettant certains pays du sud des Etats-Unis en cas de victoire. Les « Americains » n’étaient pas volontaires pour s’engager dans une guerre en Europe, sortant eux-mêmes de la guerre de sécession. Il aura fallu une bonne raison. Wilson disait que l’ « Amérique doit donner son sang pour les principes qui l’ont fait naître » rappelant la notion de paix, de droits de l’homme qui seront à l’origine de la création de l’Union européenne. Il est vrai également qu’en cas de victoire allemande, une dette risquait aussi de ne pas être payée par la France et le Royaume Uni. Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive. Toutes ces situations ne relèvent en fait souvent que d’un même jeu psychologique que nous analyserons par la suite A suivre : les réalités multiples, les options de crises ou de sortie de conflits
Par francoischarles - Publié dans : europe
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Samedi 8 novembre 2014 6 08 /11 /Nov /2014 11:56

Suite à certains agissements persistants de certains politiques et certains responsables administratifs, consulaires et ministériels agissant plus par pouvoir et discrimination que par intérêt général, j'ai aujourd'hui honte d'être Français

 

la suite prochainement 

Par francoischarles - Publié dans : politique
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Dimanche 2 novembre 2014 7 02 /11 /Nov /2014 09:35

hier, j'ai appris que dans l'Auxois j'étais considéré comme "perturbateur"

 

je pense que je vais faire une conférence de presse dans chaque ville et chaque village pour dire certaines vérités !

Par francoischarles - Publié dans : politique
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Vendredi 3 octobre 2014 5 03 /10 /Oct /2014 16:25

mon JUJU a été superbon hier soir sur le plateau de DPDA + 18% d'opinions favorables en fin d'émission et jusqu'à 78% de satisfait sur certains critères : c'est bien lui le chef ! je l'ai retrouvé comme quand il était le chef de la diplo et qu'il avait botté le cul des ambassadeurs !
et sa séduction naturelle a fait le reste ... 
comme dirait mon Jacquo, je n'en doutais pas

mais je me demande aussi, considérant que mon JUJU défendait le SARKO pendant les présidentielles, s'il ne s'agit pas d'une volonté d'étouffement du FIFI (mon ancien FIFI qui me parle plus bouh..)

qu'en pensez vous ?

lire bientot mon article "Fillon, Juppé, Sarko : quel profil psychologique pour la France ?"

Par francoischarles - Publié dans : politique
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